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L'UNE DES PLUS GROSSES AFFAIRES DU CERPI:L'AFFAIRE DE LA TOUNGOUSKA !Exclure le phénomène naturel ?
Il l'est
assurément de nos jours, mais les choses étaient bien différentes en
1908, alors que l'on ne parlait pas encore de bombe atomique.
L'histoire nous renseigne que la première bombe atomique a été
lancée sur Hiroshima en 1945, puis sur Nagasaki, la même année.
C'est ce qui mit un terme à la seconde guerre mondiale de manière
définitive, alors que les Allemands avaient déjà capitulé mais que
les Japonais restaient sur le pied de guerre. Tout le courage
japonais avait été réduit à néant face à l'apocalypse de la nouvelle
arme des États-unis. Mais les annales de la guerre nous
rappellent aussi qu'il y eut un fameux coup de bluff des américains.
En fait, ceux-ci venaient à peine de terminer la mise au point de la
bombe et ne disposaient que de ces deux exemplaires. faire
croire au Japon que l'Oncle Sam pouvait rééditer l'exploit à volonté
ne correspondait à aucune réalité. Bien sûr, les dégâts
étaient amplement suffisants, mais où en était-on réellement en 1945
aux États-unis sur le plan nucléaire? Est-il seulement permis
d'imaginer que la Russie aurait disposé de la même arme près d'un
demi-siècle avant son éternel rival?
Ne nous aventurons pas sur ce terrain
pour l'instant et revenons-en à notre hypothèse de phénomène
naturel.
Pourquoi exclure d'emblée cette
possibilité après tout assez évidente. En effet, pourquoi un
météorite, de taille pour le moins conséquente et inhabituelle
certes, n'aurait-il pas pu percuter notre planète et produire une
telle pagaille?
La réponse à cette question nous paraît claire et indiscutable et
relève de la science. Faisons donc une large parenthèse pour
expliquer nos propos. (Si l'affaire de la Tungunska relevait d'un
phénomène naturel, elle ne disparaîtrait pas pour autant de notre
champ d'investigations, elle deviendrait alors un phénomène beaucoup
moins auréolé de mystère mais néanmoins largement digne d'intérêt
comme on peut facilement le comprendre vu l'étendue du désastre)
Contrairement à ce que l'on pourrait peut-être penser, la chute de
météorites sur notre planète n'est pas rare.
La masse totale de matière
interplanétaire balayée par la Terre est estimée à
1012 kg/jour; cette matière est
constituée essentiellement de poussières, avec un
nombre de corpuscules dépendant (approximativement)
du
logarithme de l'inverse de leur masse, avec un
seuil d'environ 10-16 kg, en dessous
duquel il y a très peu de poussières.
Ainsi, la Terre ne rencontre
guère plus de 2000 à 3000 météorites de plus d'un
kilogramme par jour. (ce n'est tout de même
pas mal, principalement pour qui se trouverait juste
en dessous! Mais, nous allons le voir, cette
possibilité n'a pratiquement aucune chance de se
produire)
Lorsqu'elles pénètrent dans
l'atmosphère, le frottement sur les particules la
constituant entraîne un violent échauffement et une
émission de lumière, ce qui forme un météore
ou étoile filante: les poussières d'environ 10-14
kg et moins sont volatilisées, mais pas
détruites: les produits minéraux formés se
condenseront et tomberont très lentement sur la
surface terrestre;
les poussières de taille
supérieure constituent les micrométéorites,
une partie de leur matière ne sera pas
volatilisée et tombera au sol comme des grains
de sable;
en dessous d'une certaine
taille (fonction inverse de la cohésion de leur
matière constitutive) la plupart des météorites
se désagrègent en blocs tout au long de leur
traversée dans l'atmosphère, ce qui réduit le
nombre des gros impacts sur la surface de la
Terre: environ 500pierres de la taille d'une
balle de tennis atteignent ainsi le sol chaque
année. On le voit donc, la plupart des
projectiles supposés pouvoir arriver jusqu'à nous
subissent un traitement tel que les risques sont
infimes (à défaut d'être nuls). Voilà donc ce
qui se passe au quotidien sur notre planète et, on
en conviendra facilement, cela n'a absolument aucun
rapport avec ce qui nous intéresse. On est
loin du compte. Mais peut-on imaginer des
météorites de plus grosse taille?
Des météorites plus massives,
heureusement rares (l'histoire humaine écrite n'en
relate que deux) peuvent créer d'importants cratères
lors de leur impact sur le sol, ou des tsunamis en
cas d'arrivée en mer.
L'énergie libérée lors de ces
impacts peut entraîner, directement ou par des
effets secondaires catastrophiques (par ex.
réactivation de volcans endormis, incendies
généralisés etc.), la dispersion d'une quantité
considérable de particules dans l'atmosphère,
suffisante pour modifier brutalement et durablement
le climat sur l'ensemble de la Terre. Suivant une
théorie catastrophiste, l'extinction des dinosaures,
qui marque la fin du Crétacé, s'expliquerait par les
conséquences de l'impact d'une météorite.
Or donc, si l'on se base sur ce
que l'on sait des météorites, oui c'est possible.
Non seulement c'est possible mais, en plus, c'est
déjà arrivé... deux fois dans l'histoire de
l'humanité. avouons que comme fréquence on a vu pis!
Dès lors, la probabilité pour que ce genre de
phénomène se produise deux fois, à seulement
quelques années d'intervalle est "pratiquement"
réduite à néant. Mais "pratiquement" seulement
aussi. Un chiffre proche de zéro n'est pas
égal à zéro. Cette même probabilité semble
découler de la plus haute fantaisie lorsque l'on
imagine que ce cas rarissime se produise non
seulement deux fois en peu de temps, mais en plus
approximativement au même endroit. Il y a
toutefois ici un point qu'il nous faudra relativiser
dans notre appréciation comme nous le verrons plus
loin, mais ce n'est pas cela qui mettra notre
hypothèse à mal.
La trajectoire d'une météorite
peut-elle être oblique comme cela semble être le cas
dans l'illustration ci-contre? Oui, assurément
aussi. Nous oserions même affirmer qu'il
pourrait difficilement en aller autrement vu la
rotation de la terre, les forces de frottement et la
probabilité nettement en faveur d'une course
s'éloignant de la rectiligne lors de l'entrée dans
l'atmosphère.
Mais alors pourquoi pas?
Nous l'avons vu, jusqu'ici les
choses demeurent toujours théoriquement possibles.
La probabilité extrêmement réduite ne permet
toutefois pas de la rejeter complètement et il nous
faut donc poursuivre l'analyse du cas.
Or, nous l'avons vu dans le
témoignage tungu, l'impact dont il est question ici
provient d'un
objet cylindrique
tombant à la
verticale! Nous pouvons ici affirmer que cela
met un terme définitif à toute possibilité de
météorite. Aucune météorite ne peut (et n'a
jamais été) cylindrique, il s'agit d'une profonde
aberration et même d'une impossibilité car, en
admettant même que la météorite ait été initialement
cylindrique, elle ne pouvait plus l'être au moment
de son impact. De plus, la trajectoire décrite
est "verticale". Or donc, si la théorie d'une
catastrophe naturelle n'est toujours pas écartée, en
revanche on peut affirmer qu'il ne s'agit à coup sûr
pas d'une météorite.
Mais de quels phénomènes naturels
disposons-nous pour expliquer la chute d'un objet
cylindrique, à la verticale et avec autant d'effets
dévastateurs, deux fois au même endroit?
On le voit, cette théorie ne peut
pas être soutenue. Du moins pas si l'on s'en
tient aux observations dont nous faisons état.
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