Interview Jonathan Vanbockestal

CERPI - BELGIQUE
(Centre d'Étude et de Recherches sur les Phénomènes Inexpliqués)
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Interview du Monsieur Météo du CERPI

Le CERPI compte dans ses rangs plus d'un individu hors du commun. Parmi ceux-ci, on trouve Jonathan (16 ans en 2010) qui est dingue de météorologie. Malgré son jeune âge, il n'y a plus un nom savant de nuage qu'il ne connaisse pas, les secrets des prévisions météorologiques lui sont familiers, il est aussi fiable que les professionnels (pour autant que l'on puisse affirmer que les professionnels soient fiables!). Ses temps libres sont presque exclusivement consacrés à l'observation du ciel, une seconde nature en fait, ou alors le trouve-t-on le nez plongé dans un livre de météorologie, ou face à un écran d'ordinateur à lire les cartes satellites; ou encore à lire ses instruments... Les choses vont même encore beaucoup plus loin car s'il est vrai qu'il ne raterait pour rien au monde un bulletin météo de Sabrina Jacobs, de Stéphane Van Bellingen, d'Audrey Leunens ou - bien sûr - de Luc Trullemans, son maître à penser, il pousse le bouchon jusqu'à consulter aussi la météo française, allemande, hollandaise, italienne, espagnole, il n'y a pas de limites!

Bien sûr, c'est aussi un inconditionnel des opérations Suricate, il n'en rate pas une et ce même si le temps est épouvantable, mieux: surtout si le temps est épouvantable! Car l'une de ses préoccupations fondamentales est de pouvoir suivre le développement de fortes perturbations, de donner des indications quant à la sévérité de turbulences orageuses. Or, on le sait, la météo joue un rôle non négligeable dans ces missions d'observation du ciel en vue de la détection d'objets volants non identifiés que sont les opérations Suricate.

Jonathan n'est pas un mordu d'ufologie pour autant. Ce n'est pas que le sujet ne l'intéresse pas car rien de ce qui se passe dans le ciel n'échappe à sa curiosité, mais c'est la météo qui a toute priorité: c'est un pur et un dur de la météo!
Son paternel, qui n'est autre que le "boss" du CERPI, y a vu clair: cette passion pour la météo n'était certainement pas qu'un feu de paille comme tant de jeunes gens en vivent tous. Ici, il y a des années que cela dure et il n'en démord pas! On ne pouvait trouver de meilleur auxiliaire pour assurer ce poste dans le cadre des opérations organisées conjointement par la France et la Belgique.

Nous lui avons consacré une interview.

Monsieur Jonathan Vanbockestal, vous êtes le fils du patron du CERPI et vous êtes passionné de météorologie. D'où vous vient cette passion?

Je pense que cette passion provient de certains phénomènes assez extrêmes que j'ai déjà pu observer. C'est notamment le déchaînement des éléments, tel que les orages, les tornades, etc. qui m'a marqué et intéressé. Il faut savoir que j'ai été le témoin privilégié du déclenchement d'une tornade à Soignies, je suis né dans une période d'intense activité orageuse et l'on peut donc dire, en guise de boutade, que je suis tombé dedans étant petit. De là , j'ai cherché à en comprendre la nature, le mécanisme de leur déclenchement et par extension j'ai étudié tout ce qui avait trait à la météo.

Vous avez l'intention de faire concurrence à Luc Trullemans?

Si je devais un jour avoir la chance de décrocher un poste dans le domaine de la météo, c'est sûr que je n'hésiterais pas une seconde, mais ce n'est pas la seule possibilité de carrière qui m'intéresse. De là à faire concurrence à Luc Trullemans il y a un pas que je n'oserais franchir. Car notre bon Luc national est vraiment un grand monsieur de la question. J'ai encore bien du pain sur la planche avant de seulement penser à l'égaler.

Pourtant cette passion est vraiment obsédante, omniprésente, voire envahissante. Vous pouvez expliquer?

Oui, je l'avoue je suis fou de météo, je ne m'en lasse jamais. Tout le temps à observer le ciel, le nez plongé dans des bouquins de météo, à l'écoute des bulletins, belges et étrangers, au descriptif des nuages, au commentaire des orages, etc.

Vous êtes donc un petit prodige de la météo?

Je ne sais pas si on peut dire que je suis un prodige de la météo. C'est peut-être un peu fort. Je pense seulement que je me débrouille particulièrement bien et je suis convaincu qu'il doit y avoir très peu de garçons de mon âge qui aient atteint mon niveau de compétence.

Votre père a décidé de vous attribuer un poste pour les opérations Suricate, qu'en savez-vous?

A part les observations du ciel proprement dites, au même titre que n'importe quel correspondant du CERPI, je servirai de vigie afin d'assurer la sécurité des observateurs. En effet, dans certaines opérations Suricate, des correspondants ont l'excellente idée de trouver des points d'observations privilégiés, situés par exemple en hauteur. Ils agrémentent leur soirée d'un barbecue, invitent du monde, et ainsi de suite. Tout cela est très bien. Mais en fonction de la météo, laquelle peut devenir désastreuse en très peu de temps, cela peut aussi devenir dangereux. Lors du déclenchement de Xynthia sur notre territoire, bien que de nombreuses informations aient été diffusées, tout le monde n'était pas au courant ou croyait à tort que "cela ne viendrait pas par ici". Nous avions des gens sur le terrain, potentiellement en fâcheuse posture. Nous avons pu les contacter à temps.
Mais il y a d'autres utilités. Les observations dépendent étroitement des conditions de visibilité et du déplacement des zones de précipitations. Sur de grandes distances, le traçage des objets éventuels est subordonné à cette même visibilité. C'est donc aussi là que je peux intervenir au niveau du dispatching. Si un ciel est vraiment hyper bouché dans telle ou telle direction, on peut s'attendre à de mauvais résultats et il n'est peut-être pas nécessaire de lancer une alerte dans ces conditions ou bien convient-il de n'avertir que les personnes qui ont une chance d'observer quelque chose.
Il y a encore l'observation astronomique du ciel et les indications relatives aux satellites, aux avions, etc. Enfin, les observations satellites peuvent aussi être intéressantes dans l'analyse d'OVNI éventuels, de même que la consultation des archives dans les enquêtes.

Vous aimez les opérations Suricate? Vous les trouvez utiles?

J'aime beaucoup les opérations Suricate, notamment pour l'ambiance particulière qui règne à chaque fois et, justement, l'aspect météorologique des choses. Pour ce qui est de leur utilité, je serais plus mitigé. En fait cela dépend. Si on voit quelque chose de suspect ou carrément un phénomène digne de ce nom, cela peut devenir prodigieusement intéressant. D'autre part, il est certain que ces opérations ont déjà leur intérêt au niveau potentiel car bien évidemment si personne ne regarde, personne ne verra! Les opérations sont utiles en amont et en aval dans le sens où il faut impérativement des observateurs et que de l'autre il y a des gens compétents et outillés pour analyser les observations. Mais je comprends parfaitement que pour la personne qui observe pendant six heures sans rien apercevoir, cela puisse être ch...

Hum! Mais il y a aussi l'observation astronomique du ciel, le passage de satellites, d'avions, d'étoiles filantes, la présence de planètes, etc...?

En effet, mais cela m'intéresse beaucoup moins que la météo en elle-même. Mais l'astronomie peut parfois jouer un rôle sur la météo, donc c'est un point non négligeable.

Vous avez déjà observé quelque chose d'intéressant?

Oui et non: des points lumineux dans le ciel qui pourraient très bien se conjuguer avec les traces d'avions qui passent, ou des satellites. Mais un OVNI, non.

Saviez-vous que le CERPI envisageait de centraliser plusieurs associations en vue des opérations Suricate et que vous en assureriez la supervision météo?

Oui, je le sais depuis quelques heures via mon père. Il faut insister sur le fait que cette supervision ne se fera qu'au niveau météo. C'est donc surtout un service rendu aux observateurs et à notre dispatching, je n'aurai pas de pouvoir de décision mais je serai seulement un avis consultatif. Le fait que plusieurs associations se joignent au CERPI ne m'impressionne guère et cela ne pose aucun problème, tout du moins tant que cela ne concerne que la Belgique puisque le pays est très limité dans sa superficie. Néanmoins cela pourrait s'étendre au moins aux pays limitrophes sans trop de difficultés et le travail sera grosso modo le même. Pas de problème pour donner des infos à nos amis français pour autant qu'ils en aient besoin évidemment.

L'outil informatique ne vous fait pas peur?

Non, je le maîtrise depuis déjà plusieurs années.

Vous n'utilisez l'ordinateur que pour la météo?

Il m'arrive aussi de visiter des sites présentant des sujets de fond sur des sujets pointus et connexes aux activités du CERPI. Et parfois d'autres, c'est-à-dire des sites de culture, des galeries de numismatique, de la musique. Je fais beaucoup de recherches dans Google, par exemple pour l'école. Depuis que les installations du CERPI ont été remises à neuf et que Belgacom a encore boosté les possibilités, c'est un régal!

Les installations informatiques du CERPI sont devenues très performantes?

Oufti! Ce n'est pas moi qui dirai le contraire et pas seulement pour faire plaisir au paternel! C'est vraiment du super-costaud ! Mais, en fait, ces ordinateurs ne seraient encore que de (très) bonnes bécanes et rien de plus s'il n'y avait pas tout un réseau, beaucoup plus performant encore, derrière. Quand il m'arrive de pouvoir assister à certaines opérations, dans un cadre restreint bien entendu, je suis toujours épaté par tant de puissance et de rapidité, c'est complètement dingue! Mais je ne dispose pas des clefs d'accès.

Avez-vous déjà songé au fait que vous étiez forcément une personne privilégiée pour une reprise éventuelle du CERPI, le jour où son leader se retirera par exemple?

Euh...c'est une très bonne question et je vous remercie de me la poser...En fait, je vous aurais été encore plus reconnaissant si vous ne me l'aviez pas posée! Oui, bien sûr, j'y ai déjà songé. Le faire, peut-être. Mais le faire aussi bien que le paternel... euh...ça c'est autre chose! Il faut voir aussi si j'aurai le temps, d'ici quelques années, de le faire. Cela ne me dérangerait pas car les sujets du CERPI ne me laissent pas du tout indifférent mais pour le moment je n'ai ni l'étoffe ni les connaissances requises. Mais peut-être que plus tard et si le paternel a le temps de me former, alors... pourquoi pas?

Et que choisiriez-vous entre une carrière à l'IRM et la supervision du CERPI?

OUH! (Il ne répond pas tout de suite) Soyons logiques: un travail à l'IRM serait rémunéré. Je m'occuperais donc du CERPI en guise de passe-temps.

Vous seriez donc comme votre père, toujours à réclamer des journées de 48 heures?

Oui, mais j'espère être quand même un peu plus relax car je ne suis pas Superman.

Votre père serait-il un Superman?

(Il rit)... Hé bien, attaquez-vous donc à lui si vous voulez la réponse!

Le mot de la fin au niveau météorologique?

Hé bien tout d'abord je vous remercie pour cette interview et je voudrais encore dire que je dois vraiment avoir de la chance avec la météo et que les gens devraient davantage observer le ciel car, aujourd'hui encore, j'ai pu observer la formation d'une tornade en temps réel tout près de chez nous. Le phénomène n'a pas duré longtemps et la tornade s'est rapidement disloquée de sorte qu'elle n'a pas eu le temps de toucher le sol ni de causer des dégâts, rien de semblable à la tornade que j'avais observée en 2006, mais cela reste toujours impressionnant.


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