TCI et médiumnité

CERPI - BELGIQUE
(Centre d'Étude et de Recherches sur les Phénomènes Inexpliqués)
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TCI - GSM et médiumnité

Nous pensons le CERPI en droit de revendiquer un nouveau succès dans une étrange affaire de TCI (Transcommunication instrumentale), initialement par GSM, via la télévision ensuite et la médiumnité en dernier recours. Il s'agit d'un succès que nous devrons toutefois partager avec M. Daniel Recolet (président de l'AREPS) dont les connaissances, la maîtrise de la technique et la disponibilité ont une nouvelle fois fait merveille. Mais cette affaire aura également permis de mettre le doigt sur une nouvelle avancée technologique qui ouvre grandes les portes vers d'innombrables possibilités très importantes dans les sujets qui sont les nôtres. A vrai dire, il s'agit même d'une nouvelle absolument sensationnelle, capable à elle seule de remettre pas mal de choses en question.
Nous allons procéder par ordre et méthode dans une affaire qui comporte plusieurs volets, sinon personne n'y comprendra rien!
Et pour terminer cet avant-propos, signalons que pour des besoins évidents de confidentialité, de respect des familles, etc. nous ne citerons pas de noms, ne publierons que des photos "neutres" et occulterons les lieux exacts quant à ce qui s'est passé en l'occurrence. Cela n'enlève absolument rien à l'authenticité requise en la circonstance et nous nous en portons garants.

Un mot sur la TCI

Comme vous l'aurez compris, il sera ici beaucoup question de TCI mais kèksèksa? Pour résumer la situation, disons qu'il semblerait que les esprits ou des formes d'existence n'appartenant pas à notre monde tenteraient de communiquer avec les humains par le biais de certains appareils tels que la radio, la télévision, les disques durs des ordinateurs, les caméscopes, etc. De nombreuses personnes effectuent des recherches dans ce domaine et développent même de véritables petits laboratoires, souvent très équipés. Certains obtiennent parfois des résultats saisissants. Il est question de témoignages de l'au-delà, de révélations normalement inaccessibles, d'images de visages... Comme dans tout, le phénomène est controversé. Il est vrai que les supercheries courent les rues et que la plupart des appareils en question disposent de composants qui peuvent accessoirement et temporairement se transformer en récepteurs occasionnels. Schématiquement, ils jouent le rôle d'antenne et restituent sporadiquement, sous le coup d'interférences diverses, des bribes de conversations CB échangées par des camionneurs, transmissions de la police, de casernes, etc. Il est vrai aussi que bon nombre de "messages" sont inintelligibles ou peuvent être interprétés de nombreuses manières. En matière de TCI, le meilleur côtoie le pire. C'est donc un excellent sujet d'étude pour le CERPI et bien que ce sujet n'était pas vraiment au programme pour l'immédiat, hé bien... les circonstances en ont décidé autrement!

Une voix d'outre-tombe

Or donc, voilà qu'il y a de cela quelques jours, une dame de la région de Namur nous contacte car elle croit vivre un bien étrange phénomène. Pourtant, la personne en question n'a pas l'habitude de prendre des vessies pour des lanternes, serait plutôt de type rationnel et fait très bien la part des choses entre ce qui est vraiment bizarre et ce qui est explicable par la logique ou la science.
C'est que, sous l'effet d'un deuil assez récent, un décès tragique survenu lors d'un accident automobile dans la région côtière du pays, cette dame - qui a entendu parler de TCI, mais sans trop y croire d'abord - se prend plus ou moins au "jeu" et tente une expérience pour le moins inhabituelle. Elle utilise pour ce faire son GSM, un appareil de dernière génération, qu'elle règle plus ou moins sans le savoir de manière à provoquer un "bruit blanc", c'est-à-dire l'une des conditions fondamentales permettant de capter éventuellement un message de l'au-delà. A cette fin, elle enclenche la fonction d'enregistrement et, entendons nous bien, l'enregistrement en question captera bien entendu aussi, et même en priorité, les bruits ambiants, parfaitement normaux d'ailleurs. Jusque là, il n'y a donc aucun mystère.
Elle laisse l'enregistrement se faire pendant 4 minutes après quoi elle y met fin et ne prend pas connaissance du résultat, ayant d'autres préoccupations dans l'immédiat.

Lorsqu'elle écoutera finalement l'enregistrement en question, il y aura toutefois de quoi se poser des questions. Bien sûr, on y entend la musique qui est jouée par la télévision, en fond sonore lointain: il s'agit de "La débâcle des sentiments" de notre compatriote Stanislas. En soi, cela n'a rien de spécial si ce n'est que cela pourrait aussi être pris pour une allusion au passé de la relation amoureuse qui avait eu lieu jadis. Mais notre travail ne consiste pas à provoquer les coïncidences en les cherchant partout, ce qu'il nous faut c'est du concret. On entend aussi un véhicule qui passe (il s'agit d'un tracteur avec une benne), toujours rien de bizarre.
Seulement voilà, si on écoute bien, à trois reprises au moins on croit effectivement entre quelqu'un parler. Notre interlocutrice reconnaît formellement la voix de son ami défunt, surtout dans la troisième itération où le "Je t'aime" est assez net.
Voilà qui entrerait de plein pied dans le domaine de la TCI mais voilà qui nécessite aussi une étude plus approfondie. Or, nous ne disposons pas de l'enregistrement et ne pouvons donc procéder à aucune analyse ni même juger par nos propres oreilles. Notre "cliente", que nous appellerons Amélie pour plus de commodité (cela ne correspond donc pas au prénom réel, rappelez vous!) nous promet de nous envoyer l'enregistrement le plus rapidement possible.
Et elle tiendra parole, c'est le moins qu'on puisse dire puisqu'elle le fera encore le jour même.
Là où nous pensions avoir affaire à une histoire très simple, les choses se compliquent lorsque Amélie ajoute que son domicile fait aussi l'objet de phénomènes particuliers. Oh! Ceux-ci ne sont sans doute pas spectaculaires, rien à voir avec le cinéma d'épouvante avec ses grands renforts d'effets spéciaux ou ses scènes grandguignolesques dégoulinantes d'hémoglobine (ou de ketchup!). Ce sont seulement des objets qui disparaissent, et réapparaissent parfois (mais pas toujours), une sensation de froid intense dans la pièce, des fleurs qui poussent hors saison, l'ordinateur qui adopte un comportement étrange, des sensations de contacts, des "chatouilles", ce genre de choses. Voilà qui nous interpelle malgré tout.
Toutefois, en ce qui me concerne, impossible de me rendre sur place dans l'immédiat, je suis débordé par mes obligations professionnelles. Il faut donc que j'opte pour des solutions alternatives qui, d'une certaine façon, me conviennent assez bien je dois dire, puisque je ne suis pas spécialiste en TCI.

Premières directives

D'après Amélie, la situation est tout sauf catastrophique. Il n'y a pas lieu de s'alarmer et c'est aussi notre avis. Si les phénomènes en question peuvent être imputés au défunt, ce dernier étant plutôt ami, il n'y a pas lieu d'imaginer un risque quelconque. Il n'empêche qu'il faille "instruire l'affaire" et, déjà, envisager des solutions. Je contacte M. Daniel Recolet, Président de l'AREPS qui, est un véritable spécialiste de la question. Non seulement il dispose de connaissances très étendues à propos de la TCI, mais de plus il possède tout ce qu'il faut comme matériel, il sait s'en servir et il a de l'expérience. Amélie est entre de bonnes mains!

De mon côté, j'entreprends de consulter le document audio envoyé de Namur par GSM sur mon portable. Et c'est là que commencent les "kaï kaï' techniques: mon GSM est un appareil très ordinaire, pas prévu pour envoyer ni recevoir les MMS, c'est-à-dire les documents multimédia (photos, sons, etc.). Je reçois un message de l'opérateur qui m'invite à le configurer comme il se doit, peine perdue dans le cas présent. Deuxième possibilité: faire dévier le MMS vers une messagerie électronique, opération qui peut être paramétrée via Internet et le site de l'opérateur. Bon! Soit, cependant cela ne fera que dévier les messages qui aboutiront désormais et ne permettra pas de récupérer celui qui m'a été envoyé. Une opératrice pallie aux insuffisances du site concerné et fait le nécessaire à distance. Hélas, elle oublie de cocher la case correspondante et la deuxième opération est également vouée à l'échec. Une deuxième opératrice me propose une autre solution: Il vous "suffit" de vous rendre dans un point de vente, d'utiliser le GSM configuré MMS que vous trouverez immanquablement sur place et d'y insérer votre carte SIM. Cela fait, à l'aide de ce même appareil, vous transférerez à nouveau le message vers votre portable, lequel déviera donc le document vers votre messagerie... (?) Je suis tenté de demander s'il existe une version française à ce charabia! C'est vrai que je suis né en 1958, à une époque où tout le monde n'avait pas même le téléphone fixe et que certaines nouvelles technologies commencent à me dépasser. On se fait vieux, petit à petit. Mais je serai rassuré en arrivant au point de vente de Soignies: l'opération est totalement impossible. D'abord parce qu'elle n'est pas prise en charge, deuxièmement parce que le vendeur ne dispose, comme moi, que d'un appareil très ordinaire.
Or donc, tout va bien! Tout va bien parce que je ne suis pas la seule personne au monde à ne me servir de mon GSM que pour téléphoner! D'autres, comme moi, n'ont pas besoin d'appareils ultra-sophistiqués qui font aussi office de radio, d'appareil photographique, de calculatrice, de console de jeux et de four à micro ondes...
Tout cela est fort bien, cependant, avec tout ça je n'ai toujours pas mon enregistrement audio.

Je devrai donc demander à une troisième opératrice de s'assurer que la fonctionnalité soit opérationnelle (celle-ci ne savait même pas qu'il était possible de dévier les MMS, je me sens subitement moins vieux!) et de demander à Amélie de m'envoyer une troisième fois le message, en la remerciant de sa patience.

Une nouvelle tout simplement sensationnelle!

Il y a cependant un point très particulier à signaler dans cette petite mésaventure survenue au point de vente de l'opérateur, dont il vaut sans doute mieux taire le nom...
En effet, tout en me renseignant auprès du vendeur et en lui expliquant mon "problème", j'en suis venu à parler de TCI. Là, il convient de bien s'imaginer la tête des gens quand vous leur expliquez que vous attendez un MMS de l'au-delà, l'expéditeur étant décédé plusieurs mois avant que le document ne soit réalisé. Mais après la première réaction d'étonnement un peu amusé, je constate que mon interlocuteur est lui-même très intéressé par le domaine du paranormal. Et pourtant, il s'agit d'un géomètre de formation, forcément très versé en télécommunications, c'est un "scientifique". Et c'est avec ce scientifique que j'allais avoir une conversation très intéressante.
Ainsi, il m'expliqua d'abord que le four à micro ondes, ou du moins son principe, avait été découvert dès la seconde guerre mondiale par des soldats anglais. Ceux-ci avaient constaté que leur thé était plus chaud lorsqu'il était placé à un certain endroit. Or, cet endroit était situé dans le champ d'action du radar tout proche. En fait, c'était donc l'agitation moléculaire qui provoquait cet effet.
Plus tard, j'ai vérifié et Wikipédia raconte l'histoire suivante, très proche de celle entendue dans la boutique:

C'est Percy Spencer, lorsqu'il travaillait pour Raytheon à la construction de magnétrons pour les radars, qui eu l'idée d'utiliser les micro-ondes pour cuire les aliments. Un jour, alors qu'il était à proximité d'un radar en activité, il a ressenti une soudaine et étrange sensation. Il a également remarqué qu'une barre de chocolat qui était dans sa poche avait fondu.

Le premier aliment à avoir été délibérément chauffé par des micro-ondes est du pop-corn, le second est un œuf (qui a explosé au visage d'un des expérimentateurs).

En 1946, Raytheon breveta le procédé de cuisson par micro-ondes et en 1947 elle construisit le premier four à micro-ondes qu'elle commercialisa, le Radarange. Il mesurait 1,8 mètre de haut pour un poids de 340 kilogrammes. Il était refroidi par un système à base d'eau, avait une puissance de 3 000 watts et produisait trois fois plus de radiations parasites qu'un four à micro-ondes actuel.

Mais là ne réside pas la nouvelle sensationnelle dont nous vous parlions. Mon interlocuteur poursuivit ses explications en changeant de sujet et en venant sur le chapitre des communications.
Je restai abasourdi lorsqu'il m'affirma qu'il est désormais techniquement possible d'enregistrer une conversation qui aurait eu lieu précédemment dans un local. On parle donc bien ici d'enregistrer une conversation terminée, en apportant ultérieurement les appareils adéquats dans le local concerné! D'après lui, et c'est facile à imaginer, les choses se passeraient sur base du résidu vibratoire.

Quand on y réfléchit bien, on se dit que c'est effectivement possible. On sait que les sons sont en fait des vibrations et qu'ils ont donc des caractéristiques propres telles que le volume, l'amplitude, la fréquence, etc. On peut concevoir que le son reste audible au delà d'un certain seuil et qu'il diminue en intensité pour devenir inaudible en deçà d'un autre point n. Le son n'est alors plus audible pour l'oreille humaine ce qui ne signifie pas que le son n'existe plus Lorsque certains sons sont devenus inaccessibles à notre oreille, chiens et chats les perçoivent encore. Arrive t'il un moment où ce son soit complètement disparu en atteignant un niveau zéro? C'est ce que l'on admet communément. Mais peut-on imaginer qu'il reste au contraire une trace, infiniment ténue sans doute mais néanmoins existante, qui pourrait être exploitée? Il est pour le moment encore, difficile de répondre à cette question, mais faisons une incursion dans le domaine de l'acoustique et essayons de nous... entendre.

Le son est une onde produite par la vibration mécanique d'un support fluide ou solide et propagée grâce à l'élasticité du milieu environnant sous forme d'ondes longitudinales. Par extension physiologique, le son désigne la sensation auditive à laquelle cette vibration est susceptible de donner naissance.

Dans un milieu compressible, le plus souvent dans l'air, le son se propage sous forme d'une variation de pression créée par la source sonore. Un haut-parleur, par exemple, utilise ce mécanisme. Seule la compression se déplace et non les molécules d'air, si ce n'est de quelques micromètres. Lorsque l'on observe des ronds dans l'eau, les vagues se déplacent mais l'eau reste au même endroit, elle ne fait que se déplacer verticalement et non suivre les vagues (un bouchon placé sur l'eau reste à la même position sans se déplacer). Le son se propage également dans les solides sous forme de vibrations des atomes appelées phonons. Là encore, seule la vibration se propage, et non les atomes qui ne font que vibrer très faiblement autour de leur position d'équilibre.

La vitesse de propagation du son (on parle également de la célérité) dépend de la nature, de la température et de la pression du milieu. Comme l'air est proche d'un gaz parfait, la pression a très peu d'influence sur la vitesse du son. Dans un gaz parfait la célérité est donnée par la relation:

c=\frac{1}{\sqrt{\rho\chi}} \,\rho est la masse volumique du gaz et \,\chi sa compressibilité.

On voit donc que la célérité du son diminue lorsque la densité du gaz augmente (effet d'inertie) et lorsque sa compressibilité (son aptitude à changer de volume sous l'effet de la pression) augmente. Quand il s'agit de l'atmosphère, il convient de connaître en plus la structure thermique de la masse d'air traversée ainsi que la direction du vent car:

  • le son se propage moins bien à l'horizontale que sous des angles montants à cause du changement de densité. (Cette propriété est prise en compte dans la conception des théâtres en plein air depuis l'antiquité)
  • l'atténuation est nettement moins forte sous le vent. (Tant que son régime au sol n'est pas trop turbulent)
  • le son peut être littéralement porté par une inversion basse du gradient de température. Par exemple, suite au refroidissement nocturne, il est possible d'entendre un train à 5 km d'une voie ferrée sous le vent malgré les obstacles. Le son est alors contraint de se propager sous l'inversion en effet guide d'ondes.

Les ondes sonores se déplacent à environ 344 mètres par seconde dans de l'air à 20 °C, vitesse qu'on peut arrondir à environ un kilomètre toutes les trois secondes, ce qui est utile pour mesurer grossièrement la distance d'un éclair lors d'un orage (la vitesse de la lumière rendant sa perception quasi instantanée). Dans des milieux solides (non gazeux) le son peut se propager encore plus rapidement. Ainsi dans l'eau, sa vitesse est de 1482m/s et dans l'acier de 5050m/s. Le son ne se propage pas dans le vide, car il n'y a pas de matière pour supporter les ondes produites (isolation phonique), le son se propageant grâce aux déplacements des molécules d'air. C'est une onde dite longitudinale, car les points matériels se déplacent dans le même sens que le déplacement de l'onde (l'autre type étant les ondes transversales).

Ok. Tout cela est très bien, mais une fois encore, ne nous avance guère car il est clair que le son est fugace et fini. Si on prend l'exemple des vagues dans l'eau, on sait bien que le phénomène finira par s'estomper et disparaître. On aura beau en prendre une photo ensuite, même avec l'appareil le plus perfectionné, on ne verra qu'une eau parfaitement calme. Même chose dans l'air, avec les ondes. Mais si on va plus loin dans le raisonnement, on se dit que les objets avoisinants peuvent avoir eux-mêmes été légèrement modifiés et là nous nous trouvons incontestablement dans un milieu solide, qui ne risque pas de disparaître à la longue (en tous cas de si tôt!). Or, qu'est-ce qu'un enregistrement sonore sinon l'impression des données relatives au son sur un support le permettant? Dans ce cas, à une échelle infinitésimale, les objets qui se trouvaient là où a eu lieu la conversation serviraient de supports de fortune, très imparfaits certes, mais éventuellement capables d'avoir conservé la trace dont nous parlons plus haut. Voilà du moins notre première hypothèse, laquelle suppose naturellement de vives objections. En effet, en admettant que notre principe soit correct ou même seulement approchant, on voit mal comment on pourrait restituer ce son!

Mais poursuivons notre étude basée sur les données de Wikipédia:

La fréquence d'un son est exprimée en Hertz (Hz), elle est directement liée à la hauteur d'un son perçu, mais n'en est qu'une des composantes. À une fréquence faible correspond un son grave, à une fréquence élevée un son aigu. L'amplitude est une autre caractéristique importante d'un son. L'intensité perçue dépend (entre autres) de l'amplitude: le son peut être fort ou doux (les musiciens disent forte ou piano). Dans l'air, l'amplitude correspond aux variations de pression de l'onde. En acoustique l'intensité se mesure en décibels (dB). C'est une grandeur sans dimension, logarithme du rapport entre une grandeur caractéristique du son étudié et celle d'un son de référence. Le choix d'un logarithme permet d'avoir des chiffres aisément manipulables, qui ne deviennent pas extrêmement grands ou petits, et parce que cette approche correspond mieux à ce que perçoit l'oreille humaine en termes de sensation sonore. On utilise deux grandeurs pour mesurer l'intensité: l'intensité, mesurée en watts par mètre carré et pour laquelle l'intensité de référence est W0=10-12W.m-2, et la pression, mesurée en pascals et pour laquelle la pression de référence est P0=2.10-5 Pa. La première est toujours le double de la seconde, et c'est a priori celle qui est utilisée en l'absence de précision.
Mais attention, la notion de niveau sonore ne donne qu'une vague idée de la sensation perçue, car il faut prendre en compte la sensibilité de l'oreille, qui varie principalement selon la fréquence du son (l'oreille est moins sensible aux basses fréquences). Une meilleure approximation du volume perçu est donnée en décibel pondéré A (dBA), elle peut être mesurée électroniquement après filtrage du signal par un filtre à pondération A (il existe également des pondérations B et C adaptées aux mesures de sons d'intensités plus grandes). 0 dB correspond au minimum que l'oreille humaine peut percevoir appelé seuil d'audibilité, et non au silence absolu. Cette valeur a été choisie par expérimentation pour un son de fréquence 1000Hz, elle vaut 10-12 W.m-2, mais la plupart des personnes ont un seuil d'audibilité supérieur à 0dB (environ 4 dB). Le seuil de douleur est de 130dB, mais l'oreille peut subir des dommages à partir de 85dB. Il suffit de changer la référence de puissance ou de pression (P0 ou W0 dans les formules ci-dessous) pour que l'échelle des volumes soit complètement changée. C'est pourquoi les décibels gradués sur le bouton de volume d'une chaîne Hi-fi ne correspondent pas du tout à des niveaux acoustiques mais à des puissances électriques de sortie de l'amplificateur, ce qui n'a quasiment rien à voir: la valeur 0dB représente bien souvent la puissance maximale que l'amplificateur est capable de délivrer.

Niveau de bruit en puissance Niveau de bruit en pression

Lw = 10 \log \left ( \frac{W}{W_0} \right )

Lp =  10 \log \left ( \frac{p}{p_0} \right)^2 = 20 \log \left ( \frac{p}{p_0} \right)

Ces quelques données nous renseignent quant au fait que l'on puisse parler de son en termes d'électricité. Mais il s'agit de notions relatives puisque la physique nous parle indistinctement de watts pour désigner une puissance électrique, un flux énergétique, un flux thermique ou même un "travail". En matière d'électricité, on concevra qu'un corps puisse se trouver chargé dans un champ électrique, on connaît aussi l'électricité statique. Mais peut-on concevoir que ce phénomène puisse être de nature à expliquer notre hypothèse? Ce serait sans doute aller vite en besogne.
Si l'on parle de chaleur, on pourrait à la rigueur comprendre que la mesure, à condition d'être extrêmement fine, des objets concernés puisse être interprétée et éventuellement restituée. La question essentielle semblant être alors la sensibilité.

Disons encore qu'il existe plusieurs façons de mesurer l'amplitude d'un son, et par extension, d'un signal quelconque de nature ondulatoire:

  • l'amplitude moyenne (la valeur moyenne arithmétique du signal positif)
  • l'amplitude efficace (amplitude continue équivalente en puissance)
  • l'amplitude crête (maximale positive)
  • l'amplitude crête à crête (l'écart maximal d'amplitude positive et négative)

Dans la pratique, l'amplitude moyenne présente peu d'intérêt et n'est pas utilisée. En revanche, la valeur efficace ou RMS, pour Root Mean Square en anglais, soit la valeur quadratique moyenne du signal est universellement adoptée pour mesurer la valeur des tensions alternatives, dans le cadre général autant qu'en acoustique. Un amplificateur qui est donné pour 10 watts RMS fera 14 watts en crête et 28 watts en crête à crête (aussi noté cc). Les mesures de puissance crête à crête sont assez souvent appelées «watts musicaux» par les vendeurs de matériel audiovisuel, car les chiffres sont plus flatteurs. D'accord, mais tout ceci ne nous est pas de première utilité dans notre cas présent.

Puisqu'il est question ici de temps, vu que nous avons prétendument affaire à un enregistrement "différé", appelons donc l'espace-temps à notre rescousse (oui, c'est un vieil ami, on peut compter sur lui...)

Comme tous les phénomènes perçus, le temps joue un rôle fondamental pour l'acoustique (et encore plus en musique). Il existe même des relations très étroites entre l'espace et le temps, vu que le son est une onde qui se propage dans l'espace au cours du temps.

On distingue trois grandes classes de signaux acoustiques:

  • périodiques, dont la forme se répète à l'identique dans le temps;
  • aléatoires, qui n'ont pas de caractéristiques périodiques. Dans ce qui suit, et d'une manière générale, on ne s'intéresse qu'à un ensemble restreint de ces signaux; ceux qui ont des caractéristiques statistiques stables dans le temps. On les appelle signaux aléatoires ergodiques. Concrètement, c'est le cas des bruits «blanc ou rose» utilisés par les scientifiques et certains artistes;
  • impulsionnels: qui ne se répètent pas dans le temps et ont une forme déterminée.

Tous les signaux peuvent être définis et analysés indifféremment dans l'espace temporel ou dans l'espace fréquentiel. Dans ce dernier, on aura souvent recours à l'utilisation du spectre du signal, calculé depuis sa définition fréquentielle (dite du domaine de Fourier). Le spectre d'un signal représente les différentes «notes» ou sons purs que contient un son, appelés partiels. Dans le cas d'un signal périodique stable comme une sirène, le spectre n'évolue pas au cours du temps et présente une seule valeur appelée «raie». Il est en effet possible de considérer tout son comme la combinaison d'un ensemble de «sons purs» qui sont des sinusoïdes (voir à ce sujet l'article sur la transformée de Fourier).

Nous sursautons bien évidemment sur ce dernier chapitre puisque l'on peut y lire, entre les lignes, l'explication recherchée. Qui plus est, elle fait appel au fameux "bruit blanc" ainsi qu'au "bruit rose", bien connus en TCI. Curieuse façon pour la science la plus stricte que d'en venir aux points que les amateurs de paranormal évoquent de longue date sans obtenir pour autant leur aval!

Certes, notre travail n'est encore ici que très partiel et approximatif. Il ne nous permet pas de conclusion définitive. Mais, si nous creuserons bien sûr le sujet, nous dirons volontiers que nous croyons approcher valablement le but recherché.

Conclusions de ce long chapitre

Pour en revenir à l'affaire qui nous intéresse ici, à savoir celle du témoignage d'Amélie, il faut avouer que l'intervention, parfaitement fortuite, de l'interlocuteur rencontré en téléboutique, tombait à pic ! L'information, qui semble se vérifier scientifiquement, même s'il manque encore l'expérimentation requise et l'authentification formelle, présente des implications terribles en regard de nos pôles d'intérêts. En effet, les médiums ont bien du mal à s'accorder en ce qui concerne la terminologie relative à leurs sensations: ils parlent d'énergies, de fluides, d'ondes, de vibrations. Ils comparent volontiers certaines communications à des transmissions et réceptions radio. Grosso modo, en poussant un peu le bouchon, nous nous accorderons pour dire qu'il s'agit du même type de verbiage que celui admis par les scientifiques pour désigner des phénomènes au moyen de valeurs ou d'unités relatives qui, tantôt désignent une puissance, tantôt une relation électrique, ou encore une idée de chaleur. Somme toute, on peut en revenir à l'affirmation selon laquelle tout n'est que vibrations ou énergie. L'énergie étant évoquée dans la célèbre équation d'Einstein E=Mc2, celle-ci peut-être modifiée aisément pour y trouver un rapport direct entre elle et la masse. De même, il est clair que cette dernière peut facilement être quantifiée, même si les valeurs peuvent rapidement devenir extrêmes.
Le long détour réalisé ici tend donc à confirmer l'existence et la plausibilité des communications TCI. Il tend aussi à donner crédit aux phénomènes de médiumnité puisque le principe reste le même. En supposant qu'une personne dispose de la sensibilité suffisante que pour capter les énergies résiduelles, on ne voit pas pourquoi une telle personne ne pourrait pas restituer des informations concernant le passé et théoriquement inaccessibles en autre temps alors même qu'il serait possible de procéder au même prodige en ce qui concerne l'enregistrement différé d'une conversation terminée, sur base du "résidu vibratoire". La question ne serait plus de savoir si la médiumnité existe mais bien si des personnes peuvent réellement atteindre une telle sensibilité. On leur accordera toutefois au moins la possibilité d'existence au niveau théorique.
De la même façon, nos bons vieux fantômes, souvent trop vite relégués au placard, semblent retrouver - si j'ose dire - une certaine substance. Nos existences sont constituées d'énergies, c'est un point qui est indiscutable. Les personnes peuvent donc laisser derrière elles des traces de leur passage sous la forme d'énergies résiduelles, comme dans l'exemple de notre son. On comprend mieux aussi pourquoi les réunions spirites préconisent de réunir plusieurs participants afin de concentrer les forces. Non seulement les entités décharnées peuvent puiser de l'énergie partout où c'est possible (en déchargeant les appareils fonctionnant sur batteries ou auprès des humains eux-mêmes) mais la réceptivité des participants se trouve aussi accrue pour capter des énergies, des vibrations, des variations diverses, etc.

On pourrait épiloguer longtemps sur ce sujet, mais ne nous emballons pas ! Sans jouer les trouble fête, cela reste à confirmer.
Gageons toutefois que, dans un avenir très proche, cette affaire de son fera beaucoup de... bruit.

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