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Comment Jésus devient dieu?
Une femme vierge reçoit la visite d'un être
céleste qui lui annonce qu'elle va enfanter le fils de Dieu, descendu
sur terre pour racheter les péchés des hommes et leur ouvrir la voie de
la rédemption. Cet enfant merveilleux naît dans un endroit humble,
retiré, mais malgré tout, il est visité par des bergers et des mages qui
lui offrent des présents symboliques: de l'or de l'encens et de la
myrrhe. Depuis sa plus tendre enfance, ce Fils de Dieu montre des dons
extraordinaires, puis devenu adulte, il s'entoure de disciples,
accomplit des miracles et peu avant de mourir d'une façon épouvantable,
persécuté par des méchants, il instaure un sacrement par lequel ceux qui
mangent de sa chair et boivent de son sang accéderont à la vie
éternelle. A la fin des temps, il reviendra dans la gloire juger les
vivants et les morts.
Ça vous fait penser à quelqu'un? Ben oui, vous
venez de lire le récit de la vie de Mithra. Je vous ai bien eus, hein?
Première conclusion: les textes évangéliques sont bourrés d'emprunts à
la légende de Mithra. Ils ne représentent en aucun cas une recension
exacte, journalistique de la vie de Jésus.
Le culte de Mithra date du 5e
siècle avant Jésus-Christ. D'origine perse, il a envahi tout le bassin
méditerranéen pour finir par disparaître au 4e siècle.
Faisons un peu d'histoire. Jusqu'à 320, le
christianisme n'était qu'une petite secte du bassin méditerranéen.
Certes, il y avait des martyrs et de la ferveur, mais enfin tout ça
n'allait pas très loin. N'imaginons surtout pas qu'à l'époque, il y
avait une pensée chrétienne bien établie: le plus célèbre docteur de la
foi de l'époque, Arius (256-336), évêque d'Alexandrie, n'admettait pas
la divinité de Jésus qui n'était considéré que comme un maître
spirituel. L'arianisme fut d'ailleurs déclaré hérétique et noyé dans le
sang, comme il était de coutume en ces temps d'humanisme délicat.
Vint alors un personnage-clef,
l'empereur Constantin (280-337). Fils de l'empereur Constance Chlore et
d'Hélène qui fut canonisée bien plus tard, il s'était rendu maître de
l'empire d'abord par la victoire contre Maxence au pont Milvius en 312,
puis par l'assassinat brutal de Licinius. Cet homme brutal et
sanguinaire n'était pourtant pas un idiot, et il comprit très vite que
pour se maintenir au pouvoir, il lui fallait asseoir son pouvoir
temporel sur un pouvoir spirituel. Il contacta donc les prêtres de
Mithra et leur proposa ce qu'on appellerait de nos jours un deal, mais
ceux-ci, peut-être un peu trop rigoristes, lui refusèrent l'initiation
"en raison du caractère inexpiable de ses crimes". Constantin se tourna
alors vers les chrétiens qui eux disposaient de deux sacrements bien
pratiques pour se nettoyer l'âme en moins de cinq minutes, une sorte de
car-wash d'avant la lettre: la confession et le baptême, ce dernier
qu'il n'accepta d'ailleurs que sur son lit de mort en 337. Il est
comique de se dire que si les prêtres mithraïstes de l'époque avaient eu
moins de rigueur morale, nous serions dans une civilisation mithraïste
plutôt que chrétienne, à quoi peuvent tenir les choses!
Pour réaliser son vaste programme
tenant plus d'Iznogoud que du bon Jésus, Constantin convoqua un concile
à Nicée en 325, ayant essentiellement pour but d'asseoir son pouvoir
temporel. Les évêques de tout l'empire furent convoqués et le pape
Sylvestre 1er refusa de se déplacer, en arguant de son grand âge, qui ne
l'empêcha pas de vivre encore dix ans après ces événements. Néanmoins,
il envoya deux prêtres comme observateurs.
L'article premier du Credo proposé par Constantin
faisant de Jésus l'égal du Père et de l'Esprit Saint en une Trinité
rencontra beaucoup d'oppositions des prélats convoqués. Jésus fut
proclamé "Filius Dei uni genitus", ce qui est traduit erronément par
"Fils unique de Dieu" alors que n'importe quel latiniste même amateur
vous dira que ces mots signifient "engendré d'Un". Cette erreur de
traduction engendra un dogme, alors qu'au départ, le texte originel
était une concession à la gnose chrétienne, qui était dualiste et pour
laquelle chaque homme était constitué d'une part divine, l'âme et d'une
part démoniaque, le corps. Ce ramassis de dogmes que sont les
conclusions du concile de Nicée ne fut, il est intéressant de le
constater, accepté que par 318 évêques sur les 2048 que comportait l'Église
de l'époque. Les autres, déclarés hérétiques furent massacrés, torturés,
anathémisés... Comme il était de coutume en cette charmante époque.
Constantin a donc trahi, faussé et caricaturé
l'enseignement de Jésus dont il se réclamait, et mis sur pied un système
dictatorial qui est à la base de multiples génocides dans les siècles
qui suivirent. De l'un de nos correspondants
anonymes, que nous remercions. |
Introduction à la rubrique "Religion(s)"Le CERPI ne dépend d'aucune religion
et n'est en aucune façon une secte, bien sûr. Il ne dépend pas davantage
d'un mouvement politique quelconque et, en fait, il serait plus simple
et plus rapide de dire qu'il est tout à fait indépendant. Dès
lors, l'introduction d'une rubrique sur la ou les religions pouvait
paraître contradictoire.
Que
ceux qui ont la religion en horreur se rassurent, il ne sera pas
question ici de faire les grenouilles de bénitier ni de vous assommer
avec des considérations philosophiques qui n'auraient rien à faire ici.
Néanmoins, il est clair qu'il aurait été impossible
d'étudier les phénomènes surnaturels, voire paranormaux, sans faire
référence à ce dont ils semblent dépendre, du moins dans certains cas.
Comment parler d'exorcismes sans parler du diable, parler démonologie
sans évoquer les démons, traiter du sujet des fantômes sans évoquer
seulement la possibilité qu'il pourrait s'agir de revenants,
c'est-à-dire en faisant ipso facto une allusion à une vie après la mort?
Que celle-ci soit régentée par une autorité supérieure, d'origine
divine, est une autre histoire et si nous ne nous prononcerons pas en
faveur de telle ou telle confession, nous ne pourrons éviter d'avoir
recours à ses principes afin de les étudier comme il se doit.
Dans l'optique d'ouverture d'esprit du CERPI, nous nous
devions donc de considérer la totalité des concepts afin de procéder à
une étude exhaustive qui ne souffre d'aucun a priori. Bien sûr,
dans le cas présent, certains pourraient avancer que l'étude
scientifique et rigoureuse à laquelle nous prétendons est totalement
incompatible avec ces croyances, ces questions de foi qu'il est
pratiquement impossible de qualifier, de quantifier, mesurer ou prouver.
Ce sera à notre souci de l'objectivité de faire la distinction entre ce
que les choses sont et ce qu'elles pourraient être.
Le fait de se trouver dans l'impossibilité provisoire de
tirer des conclusions n'empêche pas d'émettre des hypothèses, tout comme
l'absence de preuves n'élimine pas forcément l'existence d'un phénomène.
En outre, nous avons considéré que le développement de
certaines affaires retentissantes, notamment les découvertes de Qûmran,
de Nag Hammadi, certaines manifestations assez extraordinaires, des
études menées par des experts reconnus, les résultats de recherches
savantes qui font état de la différence entre ce qui est communément
admis et les conclusions que l'on peut tirer de fouilles archéologiques,
méritaient de figurer ici car ils présentent un caractère culturel
indéniable qui pourra étoffer les connaissances générales de nos
lecteurs. Nous invitons, une
fois encore, toutes les personnes intéressées par ces sujets, à proposer
leurs services comme correspondants du groupement, quelle que soit leur
religion (C'est grâce à ceux-ci que nous disposons de documents fort
intéressants sur l'exorcisme sous Islam, par exemple). Nous sommes
bien entendu complètement étrangers à toute question de discrimination à
ce sujet. Aussi, juifs ou bouddhistes, musulmans ou protestants,
tous seront les bienvenus, au même titre que les chrétiens, les athées,
etc. Le but commun qui nous
anime est la recherche de la vérité et comme l'a très bien démontré
notre correspondant anonyme, personne ne peut prétendre que seule sa
confession la détient de manière absolument indubitable, et certainement
pas le christianisme. En fait,
il est également possible que chacun ne détienne qu'une partie de la
vérité, ou certaines vérités. N'est-ce pas justement une raison de
plus pour partager nos connaissances?
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