LA FAMEUSE
"MAISON QUI SAIGNE"
Que l'on devrait renommer: "La maison qui ne saigne pas..."
Il existe, dans la
région de Bruxelles, une maison vraiment très particulière, hantée au
dernier degré dirait-on bien. On dit même que cette maison a les murs qui
saignent!
Intrigués et vivement intéressés comme on le comprend, dès l'annonce de
cette nouvelle nos enquêteurs se sont mis en marche. Il fallait
tout d'abord en savoir plus et prévoir un plan d'action en ce qui
concerne la visite de cette maison.
Or donc, nous étions prétendument en présence d'un cas très particulier
de maison aux murs sanguinolents. Mais pour attester de pareil
fait, il allait falloir procéder à des prélèvements et à leur analyse,
afin de déterminer dans un premier temps s'il s'agissait effectivement
bien de sang et ensuite, le cas échéant, s'il s'agissait de sang humain
ou animal. Mais si le prélèvement en question ne posait aucun réel
problème technique, la suite n'en allait pas de même car comment
aurions-nous présenté les choses? Quelle mutualité ou quel
laboratoire aurait pris l'analyse en charge? Évidemment, il n'y aurait
eu aucune requête médicale, on imagine le loufoque de la situation et en
l'absence d'attestation médicale en bonne et due forme, toute l'affaire
aurait été sujette à caution, suspecte. Il aurait été impossible
d'authentifier le phénomène. Bref: cela n'aurait pas fait sérieux et nous ne voulons pas de ce
genre de choses au CERPI!
Cependant, il ne faut
pas mettre la charrue avant les boeufs! Avant de penser à de
quelconques prélèvements, encore fallait-il connaître l'adresse exacte
(nous l'avons obtenue), entrer en contact avec les propriétaires ou
locataires (cela a été fait) et obtenir leur autorisation de visiter les
lieux (car les lieux sont toujours habités!) et il se fait que nous
avons également obtenu cette autorisation. Du moins verbalement,
par téléphone.
Faut-il le dire, nous en avons profité pour poser plusieurs questions en
ce qui concerne la hantise des lieux et ces fameux "murs qui
saignent"... C'est alors que nous avons cru, l'espace de quelques
secondes, avoir été aiguillés sur une mauvaise adresse: "Les murs qui
saignent? Mais non! Pas chez nous en tous cas. Il y a
bien une trace, une tache bizarre au plafond, avec des espèces de boules
colorées. C'est déjà bien assez étrange comme ça, mais nos murs ne
saignent pas!"
Nous sommes déçus, bien
sûr: voilà une affaire qui s'annonçait bigrement intéressante et qui
devient subitement exsangue!
C'est le cas de le dire...
Mais, dans ce cas, que se passe t'il donc chez vous, Madame? (car notre
interlocutrice est une dame).
Et c'est là que l'affaire reprend tout son intérêt car s'il n'est guère
question de murs qui saignent, en revanche la maison est bel et bien
hantée à ce que nous raconte cette brave dame toute émue. Et
d'émotion, il va plutôt en être question dans le tableau qui va nous
être dépeint d'une situation qui nous apparaît, directement, comme assez
catastrophique, chaotique même!
Les phénomènes se
déroulent surtout la nuit, dans l'intimité du foyer, mais ils peuvent
aussi survenir en pleine journée et en présence de témoins, lesquels ne
manquent pas. Cela semble provenir essentiellement du grenier
(dans lequel plus personne ne s'aventure de longue date) mais ce n'est
assurément pas le seul lieu où ils sévissent. Bref: cela se passe
un peu partout et n'importe quand. Ce sont des bruits dans les
murs, dans les locaux, des chuchotements ou même des conversations
entières sont perçues par les membres de la famille. Les bruits
sont de nature diverses mais il y en a de franchement lugubres, à vous
flanquer la chair de poule! Il y a des déplacements inopinés d'objets,
voire même des projections et l'on déplore plus d'un cas où un visiteur
a pris ses jambes à son coup car il était devenu la cible de projectiles
totalement improvisés et, cela va sans dire, sans intervention aucune de
qui que ce soit. Il y a aussi des attouchements, toujours
désagréables et invisibles qui sont relatés, mais il y a pire! Le
petit garçon de la maison (4 ans) qui, lui, voit parfaitement les
entités qui hantent ce domicile et pourrait nous les décrire, en a déjà
reçu un coup de poing!
On croirait le tableau
déjà bien assez impressionnant comme ça, hé bien pourtant ce n'est pas
tout et, du coup, on en vient à être bien content que les murs ne
saignent pas, en plus! L'homme de la maison (qui ne s'oppose
nullement à notre visite) ne parle pas des phénomènes, il aurait plutôt
tendance à s'enfermer dans le mutisme. Nous supposons que son
esprit traditionnellement cartésien ou pragmatique s'est trouvé vexé de
ce qui se passait chez lui et que, faute de pouvoir donner une
explication objective à l'affaire, il préfère se taire. Quant à
madame, celle que nous avons présentement au téléphone, elle éclate en
sanglots en nous relatant les faits et nous sentons bien, nous entendons
bien que ce n'est pas du pipeau!
"Il faut dire, Monsieur, que notre maison est bâtie sur un ancien
cimetière et qu'il existe plusieurs autres cimetières qui jouxtent notre
maison, je suppose que cela n'aide pas... Mais ces phénomènes perdurent
depuis voilà maintenant plus de vingt ans! Vingt ans d'un calvaire
que vous pouvez aisément imaginer! Figurez-vous que notre petit
garçon ne dort plus la nuit: nous nous sommes arrangés pour qu'il dorme
le jour (?!), les phénomènes sont pratiquement continuels avec de
courtes périodes de rémission, mais disons, pour simplifier, que l'on
n'a jamais la paix, les journées calmes sont rares! Il arrive que
nous ayons des réunions de famille et que l'on aperçoive des "ombres
noires " (ce sont les mots évoqués au téléphone par cette dame)...
En entendant cela, une
question vient directement à l'esprit:
"Mais qu'avez-vous déjà fait, jusqu'ici, pour tenter de remédier à la
situation? (et l'on se demande aussi pourquoi ils ne déménagent pas!)
La réponse sidère:
"...Nous avons demandé à un prêtre de venir bénir la maison.
Celui-ci a envoyé un diacre. Une fois sur place, le diacre a
commencé à officier, puis il s'est mis à tousser, à trembler et à
transpirer. Il a fini par s'en aller sans avoir pu faire son
travail. Il est revenu une deuxième fois et nous avons pu assister
au même topo. Sauf que cette fois il est parti en disant: "Vous
êtes fous! Je ne peux pas bénir cette maison!"
Autrement dit, cela n'a jamais pu se faire!..."
Nous avons terminé la
conversation en demandant les préférences en ce qui concerne la visite,
préférez-vous en semaine ou le week-end? En journée, en soirée,
etc. Notre but était de déranger le moins possible ces gens qui avaient
déjà l'amabilité de nous recevoir dans leur logis, mais il semble clair
qu'ils n'étaient déjà que trop heureux que l'on s'intéresse à leur cas,
sous entendu: que cela puisse éventuellement amener quoi que ce soit de
positif et, entre les lignes, "qu'on les libère de cette saleté"!
Nous avons toutefois mis les points sur le "i": nous ne venons pas là en
"docteurs du paranormal" dans le but de "soigner" une maison "malade
d'un phénomène" quelconque, nous ne sommes pas des exorcistes (à chacun
son boulot). Nous viendrons chez eux en tant qu'enquêteurs du
CERPI, c'est à dire avant tout dans le but d'observer les phénomènes, de
recueillir un témoignage, d'analyser les lieux et les faits et, si
possible, de donner une explication objective et scientifique à tout
cela avant toute chose. Pas question de mettre quoi que ce soit "a
priori" sur le compte du paranormal ou du surnaturel, au contraire:
d'abord envisager et éventuellement éliminer toute possibilité
d'explication cartésienne, logique. Ce n'est que si ce type
d'explication semble totalement impossible, observations, témoignages et
preuves à l'appui, que nous commencerons (peut-être!) à parler de
surnaturel.
Désormais, les
enquêteurs du CERPI disposent d'une affaire qui semble "grosse comme une
maison", à deux pas de chez eux (enfin, bon! A condition d'avoir
de longues jambes quand même!) Mais tous les éléments semblent
réunis pour réaliser une magnifique investigation!
Nous fourbissons nos
armes, préparons notre matériel et procédons aux études, préparatifs et
briefings qui s'imposent avant de passer à l'action d'ici quelques
jours, quelques semaines tout au plus...
Et, bien sûr, nous vous tenons au courant!
Pour accéder au compte
rendu de l'enquête, à présent terminée,
cliquez ici ou sur la flèche vers la droite en haut de page.
Attention: les photos présentes dans cette page ne représentent pas des
scènes relatives à la maison ici concernée.
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