Compte rendu de
la conférence du 3 octobre 2009
Pour sa conférence
annuelle, Monsieur Daniel Recolet, Président de l'AREPS et membre du
CERPI, n'avait rechigné devant aucun effort afin d'assurer le succès de
sa prestation et on reconnaît bien là son professionnalisme: publicité, recours aux mass média, ordinateur,
rétroprojecteur et conférenciers de renom (J-L Vertongen - ex-SOBEPS -
Pierre Moulin et, évidemment, lui-même) grande salle accueillante,
facile à trouver, etc.
et, lors de notre dernier barbecue, n'avait pas hésité à titiller notre
curiosité quant à des "révélations fracassantes" qu'il ferait à cette
occasion. Peut-être que certains d'entre nous ont donc trop espéré
de cet événement (ou en connaissaient déjà les sujets), raison pour
laquelle elle nous a laissé un petit goût de "trop peu". Mais
expliquons-nous car la critique est aisée et, c'est bien connu, l'art
est difficile! Pas question de "déblatérer pour le plaisir" mais
d'émettre un avis, aussi objectif que possible, visant aux améliorations.
Or donc, le jour venu,
M. Recolet remercie M.Vanbockestal de sa visite (Mais de rien! Ce
fut un plaisir!) et, avec lui, celle
d'une dizaine de cerpiens qui lui permettent de voisiner le total de
trente participants. Il y a là des personnes d'un peu tous les
bords: ufologues convaincus, sceptiques, simples curieux, enquêteurs,
etc. et l'assistance présente donc d'excellentes dispositions pour un
bon débat. On attend toutefois encore l'un ou l'autre retardataire
qui profitera du traditionnel quart d'heure académique et puis M.
Recolet ouvre le feu. Il présente légitimement son organisation,
l'AREPS, qui accuse de nombreuses années d'activité et donc
d'expérience.
Et on en vient aux premières observations qui nous sont exposées au
moyen du rétroprojecteur. Les choses s'annoncent plutôt bien et M.
Recolet décortique notamment un crop circle de la région de Waterloo sur
lequel on peut distinguer deux cercles reliés entre eux par des courbes
sinusoïdales d'amplitudes différentes qui s'entrecroisent. Il
explique en l'occurrence que sa qualité de radio amateur lui permet de
conclure à une corrélation entre le magnétique et l'électrique via
l'ondulatoire. Il s'agit à coup sûr d'une idée intéressante et
même opportune mais nous aurions aimé qu'elle soit davantage développée
car on se demande entre autres pourquoi les OVNI devraient se sentir
obligés d'utiliser un champ de blé afin de véhiculer cette information
(sauf bien sûr, en faisant un jeu de mots avec le "champ magnétique") et
ce que cette information serait supposée nous apporter étant donné que
l'être humain connaît de longue date les affinités entre les domaines
électriques et magnétiques. Il convient toutefois de patienter car
d'autres éléments vont venir s'ajouter qui expliqueront peut-être cela.
M. Recolet nous présente un petit film dans lequel on aperçoit
effectivement une étrange lueur, pulsante dirons-nous, que notre
conférencier met en rapport avec la théorie d'Einstein et sa fameuse
équation relativiste E=MC2 (c'est-à-dire que l'énergie est
égale au produit de la masse par le carré de la vitesse de la lumière)
L'apparition est certainement étonnante et son aboutissement ne l'est
pas moins. Nancy et M.Vanbockestal se regarderont d'ailleurs d'un air
entendu à ce sujet: l'objet qui "sortira" de cette apparition ressemble
étrangement à celui figurant dans un document qui nous a récemment été
transmis. L'analogie n'aura duré qu'une seconde mais elle
flagrante et sans appel... Évidemment, le sujet de la relativité est un
sujet difficile, il n'est pas si simple de le vulgariser auprès d'un
auditoire en quelques instants. Peut-être aurait-il été bon tout
de même d'un peu expliquer le rapport entre ladite apparition et cette
théorie et ses implications en ufologie.
M. Recolet poursuit donc son exposé et en vient à une représentation
très particulière qui, pliée en quatre (ou même considérée telle
qu'elle) est évidemment très comparable avec les symboles du yin et du
yang. Voilà des appels philosophiques asiatiques que l'on ne
s'attendait pas forcément à trouver en ufologie et nous attendions là
une suite qui s'annonçait bigrement intéressante, mais elle ne vint pas.
Qu'a donc voulu suggérer notre conférencier? Peut-être le
saurons-nous lors d'un entretien en privé. Peut-être s'agit-il
finalement d'une "question ouverte", à laquelle il ne peut lui-même
répondre dans l'état actuel des choses, cela méritait d'être signalé et
encore fallait-il avoir eu la présence d'esprit de le remarquer.
M. Vanbockestal se contenta pour sa part de faire remarquer que les
symboles en question, pour être remarquablement ressemblants en effet,
n'en n'étaient pas moins (légèrement) différents en ce sens qu'ils ne
présentaient pas ce petit point noir (ou blanc) situé dans la partie de
couleur inverse. C'est-à-dire que dans les symboles ici présentés,
ces petits points qui signalent plus ou moins l'imperfection des choses
ou l'absence de tendance complètement marquée sont absents. Sans
doute ne s'agit-il que d'un détail mais on connaît M.Vanbockestal pour
pouvoir se faire remarquer, de temps en temps, comme un sérieux coupeur
de cheveux en quatre... n'insistons donc pas!
Nous sommes heureux que M. Recolet ait fait allusion à
l'affaire du
gille et de ses connotations en matière de TCI. En ce qui concerne
la majorité des cerpiens, cette matière devait être connue mais il n'en
allait pas forcément de même pour le reste de l'assistance et là aussi
nous aurions souhaité que le Président de l'AREPS se montre un peu plus
détaillé ou cite les références. Mais nous ne lui en tiendrons pas
rigueur. Là aussi il est évident que comme la réunion ne pouvait
s'éterniser il était difficile de tout expliquer en long et en large.
N'empêche que nous nous permettons de supposer que tous ne savaient pas
ce qu'était la TCI et ne pouvaient donc saisir toute l'importance
potentielle mise en exergue par M. Recolet.
Notre interlocuteur nous avait déjà parlé, d'entrée de jeu,
d'observations surprenantes réalisées dans le cadre belge et notamment
d'apparitions auxquelles il avait assisté et où il était question d'OVNI
grossissant et rapetissant, ou d'un véritable écran gigantesque qui se
serait dressé devant lui, pour subir ensuite un incroyable déchirement
en triangle générant alors un autre OVNI de type Adamski. Il lui restait
à présenter un autre document qui, malheureusement, lui échappa pour des
raisons techniques très certainement indépendantes de sa bonne volonté.
Ainsi se termina donc la première partie. Une prestation de bonne
facture donc mais qui, selon nous, aurait mérité d'être plus détaillée
et de répondre à certaines questions telles que: "comment en êtes-vous
venu à telle conclusion" ou bien "sur quelle théorie aboutissez-vous
grâce à ces documents"?
En revanche, nous ne
nous gênerons pas pour déplorer la manière un peu expéditive qu'adopta
le conférencier suivant, Monsieur Jean-Luc Vertongen en l'occurrence,
pour "prendre le relais" en abandonnant là son prédécesseur à ses ennuis
techniques. Son intervention s'inscrivait-elle dans un esprit de
fluidité et de continuité, soucieux de conserver intact l'intérêt
général ou bien était-il pressé d'aborder une tendance radicalement
opposée, celle de son scepticisme? Nous n'en savons rien et il est
évident que Monsieur Vertongen a le droit, comme tout un chacun, d'être
sceptique. Mais nous y reviendrons.
C'est que les oreilles se tendent immédiatement lorsque M. Vertongen se
présente, de sa voix portante, comme un ancien de la réputée SOBEPS et
non des moindres puisqu'il en était le responsable du réseau d'enquêtes.
Il a, bien sûr, assisté à la grande vague d'OVNI en Belgique, qu'il
situe de 1989 à 1993, mais il est devenu sceptique. Pour lui, les
choses sont désormais bien tranchées: les OVNI sont un non-problème, il
est extrêmement improbable qu'il existe une autre civilisation
intelligente telle que la nôtre sur une autre planète, si éloignée
fut-elle, et l'être humain est lui-même une exception remarquable qui
répond à un concours de circonstances extraordinaire. Quand M.
Vanbockestal lui rétorquera qu'en même temps cela signifie donc que ce
genre d'exceptions existe, il ne pourra que répondre "Oui, si vous
voulez!"
D'après Vertongen, l'ensemble des témoignages OVNI ne seraient donc que des
affabulations, des erreurs, des méprises, des trucages. Et il se
faisait fort de nous le démontrer.
Pour se faire, il utilisa plusieurs documents et autant d'arguments,
pour la plupart très convaincants d'ailleurs. Il est évident que
même des personnes de bonne foi ont elles-mêmes été abusées par leurs
sens ou des accidents photographiques. Les clichés présentés
étaient généralement probants à ce sujet, voire indiscutables.
Mais il est vrai aussi qu'il n'était nul besoin de convaincre
l'assistance de ce genre de choses, par trop évident! Dans le même
ordre d'idées, il aurait été facile de répondre que si l'on ne peut pas
croire tous les témoignages, on ne peut pas non plus les rejeter tous.
Deux sujets qu'il aborda nous laissent toutefois particulièrement
perplexes et c'est le moins que l'on puisse dire.
Il s'agit tout d'abord de ce témoignage pour le moins bizarroïde d'un
OVNI en forme de "poire" à tentacules dans lequel il relève une
impossibilité photographique en rapport avec la distance de
l'observation. Il remarque à ce sujet que l'appareil utilisé par
le témoin était identique au sien et permettait donc des comparaisons
intéressantes (il nous présenta d'ailleurs son appareil, un Minolta)
D'après Vertongen, si l'on compare avec les résultats qu'il a obtenus
avec l'appareil en question, on n'obtient absolument pas les mêmes
caractéristiques de grossissement en fonction de la distance. Pour
prouver ce qu'il avance, il nous présente le résultat sur base d'une
référence qui interpelle évidemment toutes les consciences belges
présentes: le château d'eau de Ghislenghien, une localité devenue très
tristement célèbre par l'explosion qui y survint il y a de cela quelques
années mais qui est encore toujours bien présente dans toutes les
mémoires.
Seulement voilà, et cela M. Vertongen ne pouvait pas le savoir, ce
fameux château d'eau est bien connu de M.Vanbockestal et il ne s'agit
pas du tout du même édifice! Expliquons nous aussi à ce sujet car
il se peut qu'il y ait une méprise de la part de M. Vertongen.
M.Vanbockestal a habité, dans son jeune temps, qui remonte à une
cinquantaine d'années au moment où nous publions ces lignes (et cela ne
risque pas de s'arranger!) à Lessines et dans sa région. Il a même
habité aussi à Ollignies qui est encore plus proche de Ghislenghien.
Très fréquemment, il faisait des ballades à vélo qui l'emmenaient
notamment aux abords de ce château d'eau et il l'a toujours connu comme
tel, c'est-à-dire sans aucun rapport avec la photo présentée. M.
Vertongen a peut-être confondu avec un édifice du même type situé plutôt
à Meslin-l'Évêque, le village voisin. Bon! Peu importe, tout le
monde peut se tromper. Cela ne serait qu'un détail sans importance
s'il ne servait pas justement de référence dans le cas présent. En
effet, on pourrait donc conclure qu'il faudrait remonter à une époque
encore plus éloignée pour espérer trouver un bâtiment analogue,
c'est-à-dire donc plus de cinquante ans! Dans ces conditions, on
peut évidemment douter que l'appareil photo dont il est question ici ait
seulement été dans le commerce!
Sur notre photo de gauche, on peut voir comment se présente réellement
le château d'eau de Ghislenghien (en venant à Tournai et en retournant
chez nous, nous sommes passés deux fois en face!) Sur la photo de
droite, on voit un château d'eau du type présenté par Monsieur Vertongen.
Ce dernier se présente sous la forme (assez rare!) d'une boule
métallique supportée par un cylindre étroit. On comprend aisément
la différence, même si le document de droite n'est pas exactement celui
qui nous a été présenté.
Mais ce n'est pas tout.
M. Vertongen nous présente ensuite un document "qui a fait le tour du
monde" et qui, selon lui toujours, est un faux notoire. Il s'agit
de la photo des OVNI de Villafranca del Penedès, en Catalogne (que nous
avons cherchée en vain sur le Net et que nous ne pouvons donc hélas pas
vous montrer) On y voit une flottille de "soucoupes volantes" qui
survole une maison. Devant cette maison, un cheval qui tirait une
charrette se cabre sous l'effet de l'apparition. M. Vertongen
explique que, déjà, la couleur dominante de la photo est extrêmement
jaunâtre, ce qui est exact. Compte tenu des conditions de
l'époque, on obtenait cet effet lorsque la photo était prise en
intérieur alors que la scène se passe en extérieur. Encore exact.
La photo est effectivement au moins très suspecte puisque l'on peut
retrouver la même représentation dans un musée tout proche.
Argument massue! Il aurait donc suffit de photographier la scène,
de procéder à une petite juxtaposition et le tour était joué! Nous
n'allons pas nous amuser à mettre le point en doute: il est donc très
vraisemblable que l'on ne puisse pas se baser sur ce document en guise
de preuve. Mais nous allons le faire en ce qui concerne son
analyse qui, elle, nous semble bancale. En effet, M. Vertongen signale
que si le cheval s'était cabré, les récipients (de grosses barriques au
contenu inconnu) se seraient renversés. C'est une possibilité.
Mais c'est oublier que celles-ci pouvaient être arrimées afin de
prévenir tout incident du genre. Les barriques pouvaient aussi
être fermées, recouvertes d'un couvercle empêchant simplement un
éventuel liquide de se répandre. Pour en venir à sa conclusion, M.
Vertongen suppose manifestement que les OVNI circulent de droite à
gauche sur la photo, de sorte que le passage des OVNI a effrayé le
cheval. Mais il n'évoque pas la possibilité que ceux-ci aient pu
se déplacer dans l'autre sens et que l'émotion de l'animal ait donc pu
être étrangère à cet événement. On se demande en tous cas comment
il se fait que, malgré tout cet émoi, deux personnes montent les
escaliers en arrière-plan en toute quiétude! Enfin, M. Vertongen considère le
document comme une photo destinée à prouver la réalité d'un témoignage.
Or il est fort probable que le cliché n'ait été utilisé qu'à titre
d'illustration ce qui justifie un contexte très différent et en tous cas
pas une valeur de preuve.
Comme M. Vertongen le
disait lui-même: chacun est libre de croire ce qu'il veut et cela
n'empêchera pas sa conviction personnelle. C'est un fait certain
qu'il ne convient donc nullement de discuter. Toutefois, ses
arguments nous paraissent difficilement défendables. Ainsi, il
signale que jamais aucun OVNI n'aurait été photographié au sol. Soit!
Nous vérifierons, mais il pourrait bien avoir raison sur ce coup là.
Cela ne prouve rien, même si cela dégage une certaine idée. Il
fait ensuite remarquer que la variété de l'apparence des humanoïdes
décrits est par trop invraisemblable. Hé bien, si nous comprenons
ce qu'il veut suggérer dans cette affirmation, nous rétorquerions
volontiers que la même remarque peut s'appliquer aux êtres humains: tous
ont des visages différents, il y a des hommes et des femmes, des adultes
et des enfants, des blancs et des noirs, mais aussi des jaunes et des
rouges, des petits et des grands, des minces et des gros, des jeunes et
des vieux et avec tout cela, pas mal de nuances! Selon M. Vertongen la variété des modèles de "soucoupes volantes" serait aussi
une aberration! Ah bon! Mais dans ce cas, que doivent se
dire des "observateurs de l'extérieur" (pour ne pas parler d'E.T) en
voyant nos moyens de locomotion? N'avons-nous pas un parc automobile des
plus variés, surtout si l'on considère toutes les époques? Faut-il
citer toutes les marques de voitures et leurs variantes et y ajouter les
vélos, les motos, les trottinettes, les skateboards, les camions et
camionnettes, les bus et les trams, les trains et les métro, les
véhicules commerciaux ou engins de guerre, aériens, terrestres ou
amphibies, les bateaux et les avions? Voulez-vous plutôt que nous
parlions des sous-marins, des porte-avions et des cargos ou des barques
de pêcheurs, des voiliers ou des engins sur pneumatiques? Si l'on se
base sur la seule expérience spatiale humaine, ne peut-on pas aussi
remarquer la diversité des engins que nous avons envoyés sur la lune et
ailleurs? Un Spoutnik ressemble-t-il au LEM, à l'une des fusées ou
aux navettes? Ressemble-t-il davantage aux satellites en orbite autour
de notre planète ou seulement à un avion furtif? N'oublions pas,
dans toute cette histoire, que nous n'en sommes qu'à l'aube de la
conquête spatiale et que les éventuels extraterrestres bénéficient plus
que probablement, s'ils existent bien entendu, de très sérieuses
longueurs d'avance?
Nous laisserons donc là
M. Vertongen en le remerciant de son intervention mais en nous posant
des questions sur le revirement pour le moins étonnant de cette personne
qui, jadis, fut un défenseur acharné de l'ufologie et qui se pose
désormais comme l'un de ses plus vifs détracteurs. Il se peut que
ce Monsieur dont nous ne contesterons nullement les compétences, ait été
blasé et fatigué de longues recherches souvent peuplées, il est vrai, de
canulars et de déceptions. Nous savons, nous aussi, ce que
l'expérience de terrain peut apporter comme désenchantements. Mais
nous continuerons de prétendre que c'est l'obstination et même
l'acharnement qui aboutiront en finale à la découverte de la réalité.
M. Pierre Moulin devait
donc terminer cet ensemble de conférences. Certains membres de
l'assistance ont très distinctement entendu ce monsieur demander à l'un
des collaborateurs présents: "De quoi est-ce que je dois parler?"
C'est une phrase malheureuse qui nous a fait sursauter et sourire et qui
dénote, hélas, un manque de préparation, à moins que nous ne l'ayons pas
comprise dans le contexte adéquat.
Pourtant, ce conférencier nous a présenté un brillant exposé, très clair
et richement documenté. Nous avons pu voir de très belles
reconstitutions et des croquis. Monsieur Moulin est un ancien
professeur dont le dada est devenu l'observation d'OVNI et dont la
particularité pour le moins surprenante est qu'il en voit de très
nombreux! Il nous a expliqué comment les choses se passaient, ses
émotions et ses inquiétudes face à de tels phénomènes et on ne pourra
évidemment que le comprendre. Nous sommes parfaitement d'accord
avec lui pour admettre que, même alors que l'on est soi-même en
possession d'un appareil photographique ou d'un caméscope, l'étrangeté
du phénomène empêche toute réaction, paralyse pratiquement l'observateur
et pousse à laisser libre cours à son instinct de conservation!
Nous avons beaucoup de respect et de sympathie pour ce Monsieur Moulin
qui a réalisé un travail méritoire. Nous sommes seulement un peu
étonnés que face à tant d'observations de sa part, alors qu'il se
trouvait aux premières loges, il ne dispose d'aucune hypothèse ou
conviction personnelle quant à l'origine de ces phénomènes.
Conclusions
Encore une fois, il ne
servirait à rien de lancer la pierre à quiconque au sujet de cette
conférence de Tournai. Il est toujours très facile de critiquer
les autres, encore faut-il pouvoir proposer mieux soi-même et nous
verrons bien ce qu'il en sera lors de notre réunion du 31 octobre!
Soyons donc prudents! Encore que, en l'occurrence, il ne sera pas
question d'ufologie mais bien de médiumnité.
Soyons toutefois objectifs et plaçons-nous du côté des participants à
cette réunion. Qu'auront-ils retenu?
Force est de constater que M. Recolet aura marqué des points en
présentant des choses troublantes, fruit d'un travail de chaque instant,
un travail souvent ingrat et dont il faut encore souligner la
difficulté. Les problèmes techniques qu'il a rencontrés ne lui
sont bien sûr pas imputables et il est tout excusé en la matière.
Par contre, nous lui suggérerions (en toute humilité et respect)
d'étoffer ses exposés afin de les rendre plus clairs, plus accessibles
aux néophytes, bref plus compréhensibles aux personnes qui ne sont pas
toujours au fait de toutes les choses de l'inexpliqué. Il serait
intéressant, par exemple, de savoir comment on en est venu à telle ou
telle conclusion, quelle est la théorie avancée sur base des documents
exposés et, en finale, les implications que cela entraîne.
Nous comprenons assez mal le choix des autres conférenciers qui devaient
accompagner M. Recolet dans cet effort. Bien sûr ils étaient de
valeur et de réputation, là n'est pas la question! Mais leurs
tendances affichées, et surtout celle de M. Vertongen n'étaient-elles
pas trop radicalement opposées? Se faire assister d'un
néo-sceptique du calibre de M.Vertongen provenait-il d'un souci
d'équilibre dans l'analyse de la question ufologique ou d'un risque
presque suicidaire? Si les charismes avaient été semblables, M. Recolet
aurait encore pu revendiquer la vedette de cette conférence, au cours de
laquelle, selon nous, il a encore été le meilleur.
Malheureusement, il ne fallait pas être fin limier pour comprendre que
M. Vertongen se présentait comme un ogre tout puissant disposé à manger
sur sa tête!
Malgré de beaux travaux, M. Moulin n'a pas changé grand chose à
l'impression générale. Une idée stratégique aurait, par exemple,
été d'inverser l'ordre des conférenciers. Dans ce cas, M.Recolet
en sortait avec tous les honneurs et haut la main encore bien, en
ouvrant éventuellement un débat qui aurait certainement été constructif.
Vous l'aurez compris, tout ceci n'enlève strictement rien aux mérites de
M. Recolet qui a incontestablement réalisé un travail remarquable. Il
est indiscutable qu'il a d'excellentes idées, des connaissances très
solides dans des matières souvent ardues, voire hermétiques et que ces
idées et ces connaissances peuvent sans conteste connaître des
aboutissements heureux. Notre seul reproche (encore sera-t-il très
nuancé!) résidera dans le fait qu'il ne suffit pas de disposer d'un bon
"produit", mais qu'il faut aussi pouvoir le mettre en évidence,
notamment en développant les arguments.
Et que l'on ne vienne pas nous dire que nous ne l'avons pas dit: il est
toujours plus facile de critiquer que de faire mieux soi-même!
Avis aux amateurs! |