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2. LUEURS NOCTURNESL'histoire racontée ci-dessous ne présente que peu d'intérêt si on la dissocie du reste du dossier. Nous vous invitons donc à prendre connaissance du début à la page d'intro... 1. Lors d'une fête chez ma grand-mère, alors que toute la famille était réunie, ma marraine alerta tout le monde pour signaler que "des gens" arrivaient par le jardin de derrière la maison. Elle les avait parfaitement vus, ils portaient des torches. Aussitôt, mon père, mon parrain et mon oncle s'en allèrent voir, armés de couteaux de cuisine. Mais comme tout le monde était bien éméché, ce fut en riant et en chantant en wallon "Quand no's'édirons, no s'édirons tertoutt"" (Quand nous partirons, nous partirons tous ensemble). Apparemment, il n'y avait rien, personne. On mit cela sur le compte du vent et de l'alcool. Toutefois, en y réfléchissant bien il y avait quelque chose d'assez bizarre dans ce témoignage en ce sens que le mur du bout du jardin était trop haut et trop traître que pour permettre une escalade (il comportait notamment des tessons de bouteille qui auraient provoqué des blessures presque à coup sûr). Si les gens en question provenaient d'un jardin voisin le passage aurait été rendu malaisé en raison des clôtures auxquelles aucune déprédation ne fut relevée; d'autre part, à cette époque et dans cette petite ville de campagne (comme c'était alors le cas pratiquement partout), les gens connaissaient parfaitement tous leurs voisins et n'auraient pas manqué de les nommer en les apercevant. Par ailleurs, ces derniers n'auraient pas eu besoin de torches pour s'orienter. Enfin, il est fort peu probable que les intrus aient eu le temps de s'en retourner pendant que ma marraine donnait l'alerte et, on le sait, la réaction avait été immédiate. Si les intrus avaient été des "étrangers", leur fuite ne serait pas non plus passée inaperçue en raison de leurs torches qui auraient du être bien visibles dans l'obscurité, même au loin et dans le cas où ils les auraient précipitamment éteintes, il aurait été extraordinaire qu'ils puissent escalader à nouveau le mur sans subir de méchantes coupures.2.
Quand nous habitions à Ollignies, un petit bled perdu non loin de
Lessines, la maison était ancienne et très grande. Il s'agissait en
fait d'une vieille ferme restaurée, avec de nombreuses dépendances
externes. Comme c'était souvent le cas à l'époque, il fallait
traverser la cour pour se rendre aux toilettes, à l'extérieur
(parfois, ces toilettes étaient au bout du jardin). C'est justement
en m'y rendant pendant la nuit que je tombai nez à nez avec un petit
dispositif que quelqu'un avait déposé là. C'était une betterave
dont on avait creusé l'intérieur pour lui donner l'apparence d'une
tête de mort. A l'intérieur, on avait disposé une bougie allumée.
Pour un enfant de mon âge, ce spectacle avait quelque chose d'assez
terrifiant. Mais ce qui était plus terrible encore c'était de
savoir que cela ne pouvait provenir que d'un étranger à la famille.
Un voisin indélicat avait donc violé notre propriété pour se rendre
coupable de ce tour pendable.
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