- BELGIQUE
(Centre d'Étude et de Recherches sur les Phénomènes Inexpliqués)
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Rêve
prémonitoire - analyse
L'histoire qui précède
a de quoi troubler. Il est vrai que l'on peut y déceler 21 points
différents qui ont été mis en relief dans le rêve et qui se retrouvent
indubitablement dans la réalité. On peut en trouver plus selon la
manière dont on compte mais 21 est le minimum. Le point le plus saisissant étant
probablement le gros silex! Dans de telles conditions il est
évidemment facile de tirer la conclusion selon laquelle le rêve en
question était bel et bien prémonitoire. Si vous voulez mon avis,
c'est le cas. Mais les choses sont loin d'être aussi évidentes et
lorsque l'on passe l'affaire à l'analyse, dans le style zététique, on
voit que beaucoup de choses peuvent être dégagées et ramenées à des
faits beaucoup plus anodins et tout à fait explicables.
Nous avons déjà évoqué
le point arguant que ce rêve, tout prémonitoire qu'il puisse paraître et
émanant de source sûre, ne pourrait jamais être authentifié dans le
cadre d'une prémonition réelle. La raison est toute simple: j'ai
beau être le patron du CERPI, cela ne fait pas de moi un être infaillible et
personne n'est obligé de me croire sur parole. Je peux aussi avoir
été abusé par mes ressentis, mes sentiments, avoir été influencé par un
tas de choses même en étant de bonne foi. En tout état de cause,
je n'ai pas pris soin de noter les points essentiels de mon rêve
directement après l'avoir fait et avant que les autres éléments ne se
produisent. Dans de telles conditions, on peut considérer qu'il
n'y a aucune preuve formelle et que, au même titre que le commun des
mortels, je peux avoir inventé tout cela de toutes pièces, même si on
sait très bien que ce n'est pas le cas.
Un autre point,
parfaitement rationnel, pourrait mettre la valeur prémonitoire de mon
rêve en doute: les faits réels, survenus sur le terrain et actés par les
contrôleurs et la police datent du jeudi 31 janvier vers 19h49. (Cette
heure est celle du départ à partir du terminus, connaissant fort bien
cette ligne pour la parcourir quasi quotidiennement, j'estime le passage
du bus à l'endroit fatidique et donc le moment réel des faits vers
19h58. Mais ce dernier point n'a que peu d'importance par rapport
à la date) Ce même jeudi, je travaillais au matin, mon service se
terminait à 13 heures environ. Donc au moment des faits, j'étais
bien sûr rentré chez moi et ne pouvais théoriquement pas être mis au
courant de ce qui s'était passé.
Dans la réalité, j'ai pris connaissance des faits le 2 février vers
12h30, soit deux jours après! Considérant que le rêve est survenu
la nuit du vendredi au samedi, il était bien antérieur à ce que je
pouvais savoir. Autrement dit, si sur le plan pratique je n'en savais strictement rien et le rêve était bien prémonitoire, en revanche
le temps écoulé laisse ouvertes toutes les portes de la suspicion. Je
pourrais avoir été averti par n'importe quel collègue, j'aurais pu lire
la nouvelle dans les journaux (mais apparemment, aucun article n'est
paru sur le sujet. Si tel devait néanmoins être le cas, j'ignore
totalement dans quel journal et dans quelle édition cela pourrait
figurer), l'information aurait pu être véhiculée dans n'importe quel
média et, comme de fait, la prémonition ne peut en aucun cas être
authentifiée. Mais il existe bien d'autres arguments encore.
J'ai
déjà évoqué aussi le fait que la période est riche en événements
similaires: les agressions sur les chauffeurs sont très fréquentes
en ce moment. Il est donc normal que les chauffeurs vivent une
certaine psychose et que cela se reporte sur les rêves qu'ils
peuvent faire. C'est humain et cela n'a rien de mystérieux. En ce
qui me concerne, il est aussi tout naturel que mon rêve se déroule
sur l'une des lignes que je dessers quotidiennement. En toute
logique (et bien que les rêves ne soient pas forcément logiques) on
comprendrait mal que le rêve se déroule alors que je desservirais
une ligne que je ne fais jamais. Mes arguments auraient été beaucoup
plus convaincants si cela avait été le cas et que l'agression aurait
eu lieu sur la ligne en question. Dans ce cas en effet, je n'aurais
eu aucune connaissance, ou seulement une connaissance très vague des
détails de cette ligne, les choses auraient été plus probantes.
Dans ma narration deux
éléments ont été présentés comme des arguments en faveur d'une
prémonition, mais ils sont extrêmement faibles: il s'agit des mots
"service contrôle" et "Louis". Le "service contrôle" se rend bien
évidemment sur les lieux des méfaits, tout comme la police (à noter
d'ailleurs que les contrôleurs ont désormais valeur d'inspecteurs de
police judiciaire!), il s'agit en outre d'un mot qui revient
quotidiennement dans toutes les conversations professionnelles,
plusieurs fois par jour, il est donc quasiment inévitable et s'il
apparaît dans le rêve, on ne peut vraiment pas lui donner un caractère
prémonitoire, il s'agit seulement d'une suite purement logique.
Le mot "Louis" apparaît comme très étrange. C'est vrai que je ne
connais personne qui porte ce prénom dans la société. De plus, ce
prénom apparaît dans mon rêve comme faisant partie des connaissances de
la femme en bleu, ce qui ne correspond à rien de concret. Louis
est un prénom très courant, du moins l'était-il jusqu'il y a peu et il
est fort probable que beaucoup de personnes s'appellent encore comme ça.
En tout état de cause, comme je l'ai bien signalé, je n'ai pas pu capter
correctement la totalité de la conversation dans le bus en raison du
bruit ambiant. Je suis sûr de "petit bout", quasi certain de
"Louis", mais Louis peut facilement se confondre avec "lui" ou "l'ouïe"
par exemple.
En recherchant dans ma mémoire, je me souviens avoir été confronté
(avant les faits et avant le rêve) à une situation dans laquelle on
parlait de "louis" en évoquant les anciens billets de vingt francs.
C'est sans doute tout simplement ce qui est revenu dans mon rêve, sans
rapport de cause à effet...
Le refus de regarder
dans le rétroviseur est aussi très facile à interpréter, même s'il a un
tout autre sens dans le contenu du rêve. Lors d'un voyage
quelconque, un chauffeur de bus regarde très fréquemment dans ses
rétroviseurs. Ceux-ci sont tellement nombreux et importants qu'on
peut presque dire que le chauffeur regarde plus vers l'arrière que vers
l'avant quand il conduit. C'est évidemment une boutade, mais elle
n'est pas complètement dépourvue de sens. En effet, ce qui se
passe derrière le bus (que ce soit à l'extérieur ou à l'intérieur) a
beaucoup d'importance pour le conducteur. Cela va influencer
considérablement ses décisions relatives à la conduite, ses manoeuvres,
mais aussi cela va le renseigner sur l'ambiance et la fréquentation du
bus. Tout est-il normal et calme, tout va-t-il bien ou
quelque chose justifie-t-il son intervention? Un passager a-t-il
les pieds sur les banquettes par exemple? Les raisons de vérifier
l'intérieur du bus sont très nombreuses et variées et il y en a une
autre, parfaitement humaine et typiquement masculine... Si une très
belle créature vient à monter dans le bus, il y a fort à parier que le
chauffeur normalement constitué l'aura repérée, regardera où elle va
s'asseoir et reviendra souvent "la voir" dans son rétro, pour le plaisir
des yeux... C'est assurément ce qui se passe dans pratiquement tous les
bus conduits par des hommes. Nous n'épiloguerons pas ici pour
savoir si les conductrices font pareil lorsque surgissent de beaux
mâles, ce n'est pas notre objet. Je dirai seulement que les
chauffeurs vivent aussi plus ou moins consciemment l'appréhension que la
personne ainsi "épiée" ne se rende compte du manège dont elle fait
l'objet et s'en vexe, s'en offusque, etc. (Vous avez bientôt fini de me
mater dans votre rétro, oui? Regardez plutôt la route! Non
mais...) Il est possible qu'il ne faille pas aller chercher plus
loin.
Pour ce qui est de la
rencontre avec la conductrice, j'ai une hypothèse. Il faut savoir
que l'édition 2007 de Noctambus, cette opération qui a lieu chaque année
lors du réveillon de la Saint Sylvestre et qui permet d'épargner des
vies humaines en conduisant les fêtards un peu partout en Belgique, fut
sans doute la première à comporter des éléments féminins. Ce n'est
peut-être pas exact mais ça l'est en tous cas pour moi et pour les six
années pendant lesquelles j'y ai participé jusqu'ici. Parmi les
conductrices, il y avait Nathalie: aucun rapport, il s'agit d'une grande
blonde que je connais bien pour l'avoir instruite dans mes lignes (je
suis instructeur), aucune affinité ni amitié "particulière" et ce malgré
qu'elle soit blonde (Il ne suffit pas d'être blonde!). Il y
avait aussi Nancy, une conductrice de La Louvière avec qui j'ai passé
mes tests d'entrée dans la société. Cette dernière est plus proche
de mon rêve sans que la ressemblance ne soit frappante pour autant.
La seule chose que l'on puisse dire est qu'elle portait fréquemment une
chemise bleue. Il y avait entre elle et moi (et il existe
toujours) une simple amitié "collégiale", sans plus. Enfin, vient
une contrôleuse, Valérie. Il s'agissait aussi d'une première en la
matière pour le service, du moins à ma connaissance. Toute
analogie entre cette personne et celle de mon rêve serait pure
affabulation. Jusque là, les ressemblances sont donc loin d'être
évidentes.
Pourtant, lors de cette opération 2007, j'ai du réaliser une ligne qui
n'appartenait pas à mes attributions et que j'ai donc du apprendre au
préalable, à cette seule fin. Sur la ligne en question, la veille
de l'opération avait été marquée par une déviation de la circulation en
raison du délabrement d'un pont qui risquait de s'écrouler. Dans
ce cas évidemment, des chutes de pierres pouvaient occasionner
des blessures graves à la tête et elles auraient presque
immanquablement occasionné d'importantes pertes de sang... Comme
il n'y avait aucun moyen de me faire connaître la déviation en question
dans les temps voulus, la seule solution fut que la contrôleuse Valérie
m'accompagne afin de me montrer la route... A cette occasion, tout
se passa sans le moindre heurt, il n'y eut aucun problème. Il
n'empêche que je me souviens très bien m'être fait assez bien de...
mauvais sang - à propos de cette déviation. Il est vrai que
j'aurais eu l'air fin si je m'étais trompé et que je m'étais perdu dans
la nature avec mon bus! Il suffit de savoir que lors des
Noctambus, le dispatching ne fonctionne pas, le GPS n'est donc d'aucune
utilité. Il est remplacé par des communications directes par
téléphone avec le service contrôle (Valérie en question), mais au soir
de ce réveillon, il était très probable que les communications ne
passent pas à cause de la traditionnelle saturation pour cause de bons
voeux! Il s'agit, je le concèderai volontiers, d'un amalgame pour
le moins douteux et néanmoins assez vraisemblable dans l'optique du
cheminement et des associations qui peuvent générer un rêve, même un
mois plus tard. Le cas échéant, le service contrôle aurait
effectivement pu me chercher une bonne partie de la nuit...
On le voit donc, il y a
au moins quelques éléments qui peuvent s'expliquer par l'analyse et
s'ils n'expliquent pas tout, ils réduisent au moins le nombre des
analogies environ de moitié. Néanmoins, comme le disait le docteur
Edmond Locart, de la police scientifique de Lyon, les arguments ne se
comptent pas: ils pèsent! Voyons donc a contrario, ceux qui feraient
pencher la balance de l'autre côté, c'est à dire en faveur du
caractère prémonitoire du rêve.
On peut se poser des
questions quant à l'apparition de la femme de mon rêve, qui n'appartient
pas du tout à mes critères de beauté personnels et qui, dans le rêve en
tous cas, s'avère être ma femme. Je dois bien dire que, jusqu'ici,
je n'ai rien trouvé qui permette d'expliquer cette bizarrerie mais nous
la mettrons provisoirement sur le compte des bizarreries oniriques en
attendant une éventuelle trouvaille ultérieure. On peut cependant
se poser la question de savoir si la personne qui est montée dans mon
bus, lors de mon premier voyage, correspondait réellement trait pour
trait à celle de mon rêve. Il est vrai que les impressions que
l'on peut avoir lors d'un rêve peuvent être floues et que, quelques
heures après, étant donné que les souvenirs se dissipent, on peut
prendre une personne présentant seulement quelques traits de
ressemblance pour son sosie parfait. Je crois que, cette fois,
cette hypothèse ne tient pas la route. En effet, il ne faut pas
oublier que, dans mon rêve, cette femme me tombe littéralement dans les
bras (normal puisque c'est... ma femme!) J'ai donc bien pu la
regarder et de très près, quasiment les yeux dans les yeux.
Ceux-ci étaient d'ailleurs bleus. Il faut aussi se rappeler que je
suis extrêmement physionomiste. Oh! Je n'en tire aucune
vanité, c'est juste un "don" que je suis loin d'être le seul à posséder.
Il m'a par contre été très utile et à maintes reprises lors de mes
fonctions de portier et de sorteur de boîte de nuit. Mon ancien
patron pourrait en attester, j'étais 100% fiable. Un mauvais
coucheur pouvait se présenter après quelques années d'absence, en ayant
transformé sa présentation et sa physionomie (port ou non de moustaches,
de barbe, coupe de cheveux différente, couvre-chef) du tout au tout, il
n'avait aucune chance. Non seulement je l'identifiais à la
seconde, mais en plus je pouvais dire avec précision pourquoi il avait
été expulsé, dans quelles circonstances et dans le détail. A
l'époque, je pouvais même me souvenir de ses noms et prénoms (à
condition d'en avoir eu connaissance) quand ce n'était pas son adresse
et son numéro de téléphone! Je n'oubliais jamais un visage!
Il est donc très peu probable que je me laisse berner par une simple et
vague ressemblance. Mais "très peu probable", cela ne constitue pas une
certitude. Je considère toutefois que la redondance des éléments
est tout à fait parlante. ce n'est pas seulement sa ressemblance
physique qui est ici en question mais aussi son apparence vestimentaire
qui est rigoureusement la même. Dans la même foulée, on peut
toujours rapprocher l'affaire du "petit bout" et de "Louis" même si ces
éléments ont été atténués plus haut. Ils font en effet partie de
la même sphère, d'une même globalité qui avait été parfaitement
discernée dans le rêve. Un élément onirique peut bien sûr se
retrouver dans la vie courante. On dit alors qu'il s'agit d'un
hasard. S'il en survient deux, on trouvera cela curieux et on
parlera de coïncidences. S'il y en a trois, on dira que c'est
remarquable. Mais c'est rarement plus! Or, dans le cas
présent, il existe sept analogies (physionomie, blouse, pantalon,
cheveux, jeune fille, poussette, "petit bout", "Louis") huit si on
dissocie les cheveux de la physionomie, plus si on tient compte des
autres éléments secondaires. Il faut aussi remarquer que, dans
la réalité, cette dame fait irruption dans mon bus à un arrêt très
proche des lieux où le méfait a été commis et lors du premier voyage.
De plus, pour la petite histoire, il existe un autre arrêt (dans la
direction opposée) qui porte le nom de "Saint Louis" ! En
fait, plus on investigue et plus on trouve des analogies
supplémentaires!
Et si on retourne la question? Entendons nous: pourrais-je avoir
rêvé d'une femme que j'aurais déjà vu dans le bus? Évidemment, sur
un plan théorique, cela reste possible. Le cerveau peut
enregistrer des informations et les conserver dans le subconscient pour
ne les restituer ultérieurement que sous la forme de rêves alors
qu'elles échappent complètement au conscient. Cela résiste
toutefois très peu à mon caractère physionomiste, à ma certitude de
n'avoir jamais vu cette personne auparavant et au fait que, en principe,
je n'enregistre que les blondes... (Désolé pour les brunes qui ne
comptent pas pour des prunes!)
J'ai évidemment observé
les lieux avec attention, bien que les connaisse déjà. Ils ne
ressemblent guère à ceux de mon rêve, mais il n'y a là rien d'étonnant
en ce qui concerne ceux où j'ai rencontré la "dame en bleu" puisque je
suis supposé avoir erré pendant toute la nuit. Il est nettement
plus difficile de se prononcer en ce qui concerne les lieux de "mon"
agression (celle de mon rêve, l'endroit où je suis sorti du bus pour
poursuivre mon agresseur), mais en y réfléchissant bien cela pourrait
effectivement correspondre. Si l'endroit n'est pas exactement
celui-là, il pourrait en effet se trouver à proximité immédiate, de
l'autre côté de la cité, là où se trouvent des pelouses très identiques
à celles de mon rêve.
On pourra facilement reprocher à cette hypothèse de ne se baser que sur
des suppositions. Si on veut donner un caractère prémonitoire à un
rêve, il ne peut être question d'extrapoler en faisant "glisser"
l'endroit réel des faits à cent de mètres plus loin "pour faire en sorte
que cela corresponde". C'est tout à fait vrai. Néanmoins, il
faudra ici souligner le caractère logique des événements: l'agression
"commence" exactement au même endroit (l'individu essaie de
m'assommer) je ne le poursuis à l'extérieur du bus qu'un peu plus loin,
parce que tout naturellement il a fallu le temps que je puisse
arrêter mon véhicule! Dès lors, une certaine distance de
décalage s'explique.
Le chemin de terre, quant à lui, n'est pas perpendiculaire à l'endroit
des faits réels de l'agression. Il rejoint la chaussée nettement
en diagonale. Mais dans mon rêve, cet endroit n'y correspond pas
non plus: il s'agit seulement de l'endroit où la conductrice va garer
son bus avant de venir me rejoindre. Mieux: tout dépend de
l'angle selon lequel on regarde les choses! En effet, le
chemin touche la route par la diagonale. Mais si, comme dans mon
rêve, le bus arrive à ma gauche et se gare dans ce chemin (malgré son
étroitesse) alors je le vois bien y pénétrer selon une perpendiculaire
par rapport à ma progression. Dans ce cas, il devient évident
que je me dirige vers l'endroit où se trouvait la personne qui a lancé
la pierre et, dans ce cas, la logique est parfaitement respectée puisque
je poursuis bien mon agresseur! Cette logique géographique
des lieux est inattaquable et correspond magnifiquement à
l'endroit où le malfaiteur devait se trouver. C'est d'ailleurs
l'endroit le plus probable, le plus facile d'accès compte tenu de la
présence des arbres et du chemin lui permettant de prendre la fuite.
Même dans ce cas, il existe une logique implacable dans le modus
operandi: le malfaiteur a choisi l'endroit le plus proche du
virage, là où le bus était bien obligé de ralentir pour le négocier
et donc là où le tir était le plus facile et le plus efficace!
Avant de prétendre
avoir fait le tour de la question, il faut encore souligner deux points
particulièrement importants. Tout d'abord: le silex, que
nous qualifierons de pièce à conviction. Il me semble tout
particulièrement difficile d'expliquer rationnellement ce point. S'il
s'agissait d'un objet quelconque, vague, imprécis, on aurait pu douter.
S'il avait été question d'une brique, on aurait pu penser à ce fameux
pont délabré. Rappelons que, dans mon rêve, je ne vois pas l'objet qui
me frappe. Cela pouvait être une matraque, une brique, une pierre,
ou même un silex, mais je n'en savais rien, j'étais amnésique. Mon
rêve stipule cependant par la suite que le service contrôle a
retrouvé l'arme et qu'il s'agit d'un gros silex. L'arme est
donc parfaitement bien définie et avec précision, mais aussi l'identité
des intervenants. D'ailleurs, le terme "arme" suppose bien
une agression et non un accident du à la chute de matériaux.
C'est tout à fait d'une arme dont me parlera le service
contrôle dans le cadre de cette agression avec un silex,
lancé par une fronde, exactement à l'endroit de mon rêve, en
pure logique géographique et ballistique, sur l'une des lignes que
je fréquente et, finalement, il s'agit d'un endroit que, l'année passée,
une inspiration subite m'a poussé à photographier!
Jusqu'à preuve du
contraire et explications satisfaisantes, je crois donc légitime
d'attribuer un caractère prémonitoire au rêve dont j'ai fait objet.
J'ai essayé, nanti des éléments dont je pouvais disposer, de détruire
moi-même cette possibilité. On a vu que ce n'était possible que
pour une partie des faits, à condition d'extrapoler et en tombant dans
des approximations douteuses. Le reste paraît tout à fait probant.
Il reste enfin une
question. S'il s'agit effectivement d'une "prémonition" (le terme
doit être incorrect en ce qui concerne le rêve puisque, comme nous
l'avons vu, il est postérieur aux faits - il est correct en ce qui
concerne la photo) à quoi pouvait-elle donc bien servir? Elle ne
pouvait avoir aucun caractère d'avertissement en ce qui me concerne
puisque c'était déjà du passé au moment du rêve. La victime
(hospitalisée, moins pour la blessure à la main que pour l'état de choc)
aurait-elle inconsciemment projeté mentalement sa mésaventure afin
d'avertir ses collègues du danger? Serait-elle donc un médium qui
s'ignore et aurais-je été le seul à capter le message? D'où peut
donc bien provenir une telle connaissance spontanée? En admettant
qu'un intermédiaire ait communiqué cette information, de qui
s'agirait-il et quel serait son dessein?
Je dois bien avouer que je ne détiens aucune réponse à ces questions.
Et vous?
Les images présentes dans cette case sont extraites de
http://www.wat.tv/playlist/686547/photo/686580/voiture-vs-bus.html
qui, malgré le copyright, propose la recopie dans les sites persos ou blogs. En cas de problème, il suffit de nous contacter en vue de
la suppression de ces images.
Commentaires en marge de l'affaire:
Ce n'est pas tant de la
recrudescence des agressions sur les chauffeurs de bus (ou de trams)
dont je veux ici parler mais de l'irresponsabilité des auteurs. A
l'heure actuelle, on ignore tout de leur identité. Il est probable
qu'il s'agisse soit d'un gamin voulant réaliser un exploit pour le moins
discutable ou d'un adolescent qui aurait pris ombrage de la sévérité de
certains chauffeurs. Peut-être serait-il temps que l'on voie plus
loin que le bout de son nez.
D'un côté, on a un ensemble de chauffeurs, las de faire des politesses
sans réponses, obligés de respecter mille contraintes à commencer par
veiller à la sécurité de tout un chacun (et celle-ci commence par le
fait de disposer d'un titre de transport en
règle car - ne le perdons pas de vue - ce dernier n'est pas
seulement une preuve que l'on a payé son voyage, en admettant que
l'itinéraire soit respecté, il constitue aussi
une assurance en cas d'accident!) Il s'agit d'une
obligation professionnelle et non d'un plaisir malsain d'ennuyer son
monde... De l'autre, nous avons une jeunesse désabusée, dans un milieu
défavorisé, avec des parents démobilisés, désormais incapables d'assurer
l'éducation de leur progéniture, une éducation pourtant essentielle.
La criminalité de demain se gère dès la cellule familiale, pas dans
celles des prisons. Mais la fraude n'est pas seulement une
éventuelle obligation issue de problèmes sociaux qui devraient se régler
en amont, c'est aussi devenu une nouvelle sorte de sport. Sans
doute ce sport est-il moins grisant que le saut à l'élastique, mais il
présente l'avantage de se ressentir dans le portefeuille et celui de
blouser son monde.
Cela dit, qu'il s'agisse de l'acte gratuit d'un (sale) gamin ou de
représailles idiotes de junkies, cela ne change rien aux conséquences
possibles. Une vitre latérale, un pare-brise, ça fait bien rire,
n'est-ce pas? Les voir voler en éclats et la g... du chauffeur
médusé, ça doit être extrêmement jouissif... Qu'il soit mortellement
touché et que les choses se transforment en homicide, ce n'est déjà plus
pareil, sauf si on ne se fait pas piquer, naturellement. Pas vu,
pas pris. Seulement voilà, un bus peut transporter une centaine de
passagers... Que se passerait-il si le conducteur venait à seulement
être assommé? Perte immédiate du contrôle du véhicule, sortie de route,
embardée grotesque, collision, tonneau peut-être et puis une belle gerbe
de gyrophares, le cirque des ambulances, des bagnoles de flics, les
pompiers. Quel beau feu d'artifice!
Mais aussi combien d'innocents envoyés à l'hôpital? De mères, de
pères, de frères, de soeurs, de poussettes avec des bébés... joli
tableau!
Que beaucoup de jeunes aient acquis l'esprit "frondeur", il ne faut pas
en douter.
Je ne pensais pas que certains en étaient déjà revenus à l'âge de la
pierre.
Et pourtant, un gros silex en est la preuve.
Signé: un dinosaure.
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